Le Procès Malefoy, chapitre 6 : Le procès de Drago [fanfiction Harry Potter]

Temps de lecture estimé : 15 minutes

Rappel des liens des chapitres précédents

Chapitre 1 : La Déchéance des Malefoy
Chapitre 2 : Le Nouvel Ordre
Chapitre 3 : Le Besoin d’un père
Chapitre 4 : Quelques Mots de réconfort
Chapitre 5 : La Morsure des Ténèbres

– Chapitre 6 –

Le Procès de Drago

🐍

La journée du lendemain fut un long chemin de croix. Le procès de Drago débutait à quatorze heures et Lucius ne parvenait pas à se décider sur sa perception de la vitesse du temps. S’écoulait-il trop lentement ou trop vite ? Avec Narcissa, cela faisait des semaines qu’ils appréhendaient et désiraient la venue de ce jour, impatients d’être fixés sur le sort de leur fils, mais à présent qu’il était là, tous deux auraient donné le manoir, leur fortune et tout ce qu’on aurait exigé d’eux si cela avait permis de le repousser. Dans le grand salon où ils faisaient les cent pas, Drago se tenait figé sur le bord du canapé, les yeux tantôt vides, tantôt jetant vers sa mère un regard d’animal traqué. Narcissa s’agitait en lui énumérant toutes les raisons qui lui vaudraient de ressortir du tribunal acquitté, tandis que Lucius se taisait pour dissimuler son anxiété grandissante. Si une quelconque divinité bienfaisante évoluait dans les parages, il espérait qu’elle entende ses prières silencieuses et qu’elle œuvrerait à les accomplir. Que Drago gagnerait son procès, que les gens là-dehors le laisseraient reprendre le cours de sa jeune vie sans lui tenir rigueur des erreurs commises dans sa jeunesse ou des actes de ses parents, et que le temps poserait un voile mat sur les traumatismes laissés par la violence de Lord Voldemort.

À présent que le Seigneur des Ténèbres était mort, Lucius pouvait se l’avouer en face : l’enrôlement de Drago dans les Mangemorts n’avait été qu’un long cauchemar, jamais un honneur comme il s’était entêté à le répéter à Narcissa. S’il avait eu le choix, il n’aurait jamais approuvé que Drago risque sa vie en sachant pertinemment que c’était précisément ce que visait le Seigneur des Ténèbres pour le punir de son échec au Ministère. Mais Lucius, outre l’impossibilité physique de se dresser entre Drago et le Maître depuis les murs de sa cellule d’Azkaban, n’en possédait pas non plus le pouvoir et le courage, alors, pour ne pas reconnaître son impuissance, il s’était volontairement aveuglé sur les véritables raisons du soudain intérêt de Voldemort pour Drago. Il avait feint d’en être flatté alors qu’il tremblait au fond de son cœur de père, poussant le vice jusqu’à rabrouer son épouse le soir de leurs retrouvailles. « Mais de quoi te plains-tu ? Avait-il rétorqué, acerbe, à une Narcissa sanglotante qui avait espéré du secours de son mari tout juste évadé de prison. Le Seigneur des Ténèbres ne pouvait nous faire plus grand honneur après l’épisode du Ministère. Tuer Dumbledore ! Tu imagines si notre fils parvient à nous débarrasser une fois pour toutes de ce vieux cinglé ? Quelle gloire ! Aucun autre gamin ne peut se vanter de s’être vu confié de mission plus prestigieuse de la part du Seigneur des Ténèbres ! Même certains de ses partisans adultes ne recevront jamais de plus grande considération. Alors cesse de pleurer, et réjouis-toi plutôt pour nous qu’il laisse à Drago la chance de racheter mon erreur. »

Narcissa lui avait jeté un regard blessé et Lucius s’était détourné d’elle pour ne pas trahir sa propre affliction. Aucun d’eux n’avait le cran de formuler à voix haute ce qu’ils savaient tous les deux : Drago ne pourrait jamais vaincre Dumbledore. Même entravé ou gravement affaibli, le vieux fou resterait toujours plus puissant et plus habile au combat que leur fils pitoyable et pusillanime. Cela en coûtait à Lucius de le penser – il aurait tant voulu que ce gamin soit exceptionnel – mais Drago n’était qu’un sorcier médiocre, qui n’avait ni le panache ni la douance scolaire dont lui-même faisait preuve au même âge. Malgré les prédispositions du jeune homme pour commander aux fils Crabbe et Goyle, Lucius l’imaginait mal prendre le contrôle d’un groupe de Mangemorts comme lui-même avait pu le faire par le passé, lorsqu’il était le lieutenant de Lord Voldemort. C’était une chose de commander à des imbéciles, c’en était une autre de se faire respecter de tueurs capables de vous jeter à la figure des maléfices assez cuisants pour vous faire aspirer à la fraîcheur de la tombe. Mais ce qui faisait jadis défaut à Drago pour faire une recrue digne de ce nom allait peut-être se transformer en atout devant ses juges.

Quand Jack, accompagné des Aurors de son escorte, s’était présenté au manoir pour emmener Drago devant ses juges, Narcissa l’avait embrassé comme si elle pensait ne jamais le revoir, comme s’il était un condamné à mort Moldu en partance pour le bûcher. Quant à Lucius, il avait surpris tout le monde en s’avançant à son tour pour les étreindre tous les deux. Mais le plus stupéfait de tous était sans conteste Drago, à l’oreille duquel son père avait soufflé : « ne t’inquiète pas, nous nous revoyons ce soir. Il ne peut pas en aller autrement, nous t’aimons et nous n’allons pas arrêter de penser à toi. Courage. » Drago contemplait encore son père avec ahurissement quand celui-ci s’était délicatement détaché de lui et l’avait encouragé d’un sourire. Un pauvre et pâle sourire de fantôme, mais un sourire tout de même. Les yeux humides, Drago avait répondu par un sourire malade, puis il était parti avec Jack et pour ses parents, l’attente avait recommencé. La longue, la pénible, l’insupportable, l’infernale attente. Pendant des heures, Lucius et Narcissa avaient tourné dans leur salon comme des dragons en cage, se regardant à peine, ne s’adressant pas la parole tant chacun était malade de terreur pour leur fils et craignait de trahir son niveau d’angoisse. Et si Drago était condamné ? Si ses juges décidaient d’en faire un exemple pour tous les jeunes qui seraient tentés de suivre la Voie des Ténèbres ? S’ils cédaient à la pression populaire qui n’avait de cesse de réclamer depuis des semaines la punition du Mangemort, de son épouse et de son fils ? Certes, Drago était jeune et le Seigneur des Ténèbres avait terrorisé et soumis des sorciers bien plus puissants que lui, mais Lucius redoutait que les gens voient d’abord en lui le fils d’un Mangemort plutôt qu’une victime qui méritait le pardon de la communauté.

– Si Drago ne revenait pas ? Demanda soudain Narcissa, brisant le silence qui les séparait depuis des heures. Puis elle répondit pour elle-même, d’un timbre féroce : Nous ferons appel !

– Il va être acquitté, répondit Lucius avec calme alors que tout son être bouillait de nervosité, mais le masque ne se fendait pas. Fais confiance à Jack.

Dans le fauteuil Chesterfield en cuir vert dans lequel il s’astreignait à se tenir tranquille, car ses tours de pièce incessants avaient fini par lui donner l’impression d’être un strangulot piégé dans un bocal, Lucius gambergeait. À Drago, toujours, mais aussi à ses songes de la nuit dernière. Quelle signification devait-il conférer à la survenance des figures éthérées sorties des bois du domaine, ces ombres qui le dévoraient ? En onirologie, la forêt représentait systématiquement l’inconscient du rêveur ou sa propre vie. Le fait que la menace soit venue de là représentait un symbole fort, Lucius en était convaincu, mais il ignorait la façon dont il devait l’interpréter. Que représentaient exactement ces ombres ? La part de noirceur qu’il portait en lui depuis toujours ou ses multiples peurs  : celles de perdre Drago, de perdre Narcissa, et de se perdre lui-même si les Détraqueurs recevaient l’ordre d’aspirer son âme ? Ou signifiaient-elles que la Rédemption lui était définitivement interdite ? Qu’il était trop marqué par le sceau de Lord Voldemort pour pouvoir espérer convaincre ses juges du contraire ? Il se rappelait que le Lucius de ses rêves se montrait enclin à considérer qu’Abraxas Malefoy était peut-être réel, un véritable spectre venu l’avertir d’un danger en plus de le sermonner. Mais à la lumière du soleil, le Mangemort n’y croyait plus. Son père n’était plus rien d’autre qu’un inoffensif squelette reposant en terre.

Le grincement de la porte déroba momentanément Lucius à ses ruminations et ses yeux gris se posèrent sur l’Auror qui leur jeta un bref regard, à Narcissa et à lui, puis repartit sans faire de commentaire. Lucius éprouvait de la reconnaissance pour leurs gardiens qui accomplissaient leur travail sans chercher à les provoquer ni à se moquer d’eux. Lui-même n’aurait pas fait preuve de cette charité face à des ennemis empêtrés dans une telle détresse morale. Il les aurait plutôt humiliés et raillés avec une délectation toute sadique.

Lorsque des heures plus tard, la porte grinça à nouveau pour laisser passer Jack, seul, Lucius et Narcissa s’entre-regardèrent, graves et blêmes, et se levèrent de leurs fauteuils d’un même élan. L’instant suivant, Drago pénétrait à son tour dans la pièce, l’air hagard et mortifié comme un fantôme à qui l’on vient tout juste d’annoncer la nouvelle de sa mort.

– Alors ? Dit Lucius, la gorge serrée.

– Il est acquitté, bien entendu.

Le jurismagis adressa aux époux un large sourire alors que Narcissa se précipitait vers Drago pour le serrer dans ses bras et que Lucius l’imitait, plus modéré dans son élan, mais sans conteste aussi soulagé qu’elle. De petites bulles de joie éclataient dans son estomac empoissé par l’angoisse comme des cloques à la surface d’une potion visqueuse.

– J’avais bien dit qu’il s’en sortirait, dit Jack devant le spectacle des retrouvailles familiales. Le Magenmagot a levé tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui. Drago est libre. L’assignation à résidence ne s’applique donc plus à lui, sauf s’il souhaite rester avec vous. Mais s’il s’en va, il ne pourra plus revenir qu’à titre exceptionnel si la Cour lui accorde une autorisation de visite. Et s’il choisit de rester auprès de vous, il devra vivre enfermé dans le manoir pour des raisons de sécurité. Les juges ne souhaitent pas que Drago puisse faire la navette entre vous et d’éventuels complices. Je ne crois pas qu’ils croient vraiment que vous puissiez bénéficier d’aide extérieure pour vous échapper, mais Shaklebott ne laisse rien au hasard. La population réclame que la société soit purifiée, le gouvernement ne peut pas se permettre de laisser un Mangemort notoire s’échapper, surtout pas vous, Lucius, alors qu’ils vous ont accordé un traitement de faveur en vous permettant d’attendre votre procès dans votre manoir.

Lucius comprit le message que le jurismagis lui adressait à demi-mots. Cela sentait mauvais pour lui.

– Quels témoins ont-ils appelés à l’accusation ? Demanda Narcissa à Jack.

– Aucun de ceux qui devaient venir ne se sont présentés. Quelque chose me dit qu’Harry Potter a dissuadé les détracteurs de Drago de venir témoigner contre lui au procès.

– Et qu’est-ce qui vous fait croire cela ? Demanda Lucius, crispant les mâchoires avec déplaisir à l’idée d’avoir une nouvelle dette envers Harry Potter.

Malgré le service que le Survivant avait rendu à leur famille en expliquant comment Narcissa l’avait sauvé en laissant croire au Seigneur des Ténèbres qu’il était mort, renversant ainsi le cours de la bataille de Poudlard, Lucius ne pardonnait pas à Harry sa victoire. Il ne pardonnait pas à Harry l’échec de la mission au Ministère de la Magie.

– Potter était là, et il a témoigné en ma faveur, dit Drago dont la gêne et la rancune se disputaient l’expression du visage et le timbre de la voix. Le fils Weasley et Granger aussi.

– La Sang de Bourbe ?! s’exclama Narcissa. Mais pourquoi a-t-elle fait ça ?

– Ces jeunes gens semblent avoir un sens aigu de la justice, dit Jack en faisant signe aux Malefoy de se taire.

Des Aurors de leur garde passaient devant la porte, et Jack leur fit comprendre d’un regard sévère qu’il ne souhaitait pas qu’ils entendent ses clients insulter le sorcier que la communauté magique portait aux nues. Ils attendirent qu’ils se soient éloignés pour poursuivre.

– Qu’a dit le fils Weasley ? Interrogea Lucius, furieux que l’un des enfants d’Arthur Weasley, son vieil ennemi, ce traître à son sang amoureux des Moldus, ait défendu le sien.

Quelque chose lui soufflait que c’était stupide, qu’il aurait au contraire dû se réjouir que les héros de la bataille de Poudlard aient pris fait et cause pour Drago. Aucune parole ne valait plus que celle de Saint Potter et de ses amis désormais… Peut-être leurs témoignages permettraient-ils à Drago de reprendre peu à peu une vie normale, mais Lucius ne dérageait pas. Drago connaissait assez son père pour ressentir d’instinct la colère qui grondait en lui et cela l’inhiba. Jack répondit à sa place :

– Le jeune Weasley a raconté à l’assistance l’épisode qui s’est passé ici même, quand le loup-garou Fenrir Greyback et sa bande de rafleurs les avaient capturés, lui, Potter et la fille, et amenés ici pour les livrer au Seigneur des Ténèbres. Il a expliqué comme Drago avait fait semblant de ne pas reconnaître Harry. L’un des membres du Magenmagot a soutenu que Drago n’avait pas agi pour aider Potter, mais seulement parce qu’il était terrorisé à l’idée de voir le Seigneur des Ténèbres rappliquer au manoir, mais rien ne le prouvait, et puisque Potter et ses amis le défendaient, il était inutile pour l’accusation de s’acharner. Je crains que la Cour ne se réserve pour vous, conclut-il en regardant tour à tour Narcissa et Lucius.

– L’essentiel, c’est que Drago soit libre, dit Lucius, sincère malgré le point brûlant qui lui trouait l’estomac.

Évidemment, il se réjouissait de l’acquittement de son fils, mais il craignait que cela ne renforce la volonté de vengeance d’une populace avide de sang criminel et ne le condamne, lui, à terme.

– Maintenant, il faut vous décider Drago, reprit Jack. Soit vous restez avec vos parents, mais vous serez bloqué ici, soit vous partez, mais vous ne pourrez pas revenir dans le manoir comme il vous plaira. Chaque visite fera l’objet d’une procédure contraignante auprès du Magenmagot.

– Alors, Drago, que décides-tu ? demanda Narcissa alors que le silence s’épaississait. Souhaites-tu partir ?

Lucius retenait son souffle, déchiré entre le désir de voir Drago partir et celui de le voir rester, et il ne devinait que trop bien que Narcissa se trouvait en proie au même dilemme. Drago releva les yeux et les planta tout droit dans les siens, puis dans ceux de sa mère.

– Je reste avec vous.

– Il serait sans doute préférable que tu quittes cette atmosphère délétère, Drago, dit Lucius. Échappe-toi de cet enfer puisque permission t’en est donnée. Ta mère et moi préférons te savoir loin d’ici que de t’avoir pour témoin impuissant de nos tourments.

– Je reste, répéta-t-il, et la détermination flamboyante dans les yeux de son fils impressionna Lucius. Il est hors de question que je vous abandonne. Je veux rester pour vous soutenir dans l’épreuve. De toute façon, où pourrais-je aller si je décidais de partir ? Ajouta-t-il, cynique, en voyant son père prêt à contester. Tous nos « amis » sont en prison, et cela m’étonnerait beaucoup que leurs proches soient ravis de m’accueillir.

– Tu pourrais aller chez nos cousins, en France, dit Narcissa à contrecœur.

Lucius ne savait que trop bien combien l’idée que Drago demeure auprès d’eux pouvait la séduire, et il admira l’esprit d’abnégation dont elle faisait preuve en lui suggérant cette solution.

– Je reste, répéta Drago d’une voix trop résolue pour qu’ils essayent encore de l’en dissuader.

La famille réunie célébra l’issue du procès autour d’un repas de fête préparé par le successeur de Dobby que le jurismagis fut invité à partager. Ce soir-là, Lucius lui-même se sentit un peu plus léger en se couchant malgré le mauvais pressentiment qui l’animait quant à sa prochaine nuit. Et en effet, lorsque sa conscience s’éveilla dans le monde des songes, les ombres et son père étaient là à l’attendre. Le chemin doré se trouvait toujours là lui aussi, quelques mètres seulement derrière Abraxas. S’il s’élançait et courait de toutes ses forces, Lucius mesura qu’il possédait une infime chance d’échapper à l’avatar de son père. Ensuite, il ne lui resterait plus qu’à espérer que la lumière dégagée par le chemin d’or serait trop puissante pour permettre aux ombres de le suivre et qu’elle vaincrait leurs ténèbres. Mais surtout, il fallait espérer que ledit chemin ne s’avérerait pas au bout du compte qu’un autre chausse-trape de son inconscient tourmenté. Et s’il prenait tous les risques pour y accéder, et qu’au bout du parcours il n’y avait rien ? Ou quelque chose d’encore pire que la meute grouillante dont il sentait à distance l’envie sauvage de le mettre en pièces ?

– Te voilà rassuré, dit Abraxas face à lui, voilà Drago sain et sauf, et libre.

– Oui, dit simplement Lucius en jetant aux ombres un regard méfiant.

Elles restaient en lisière du bois, mais leurs dents sombres plantées sur les bordures des trous béants de leurs bouches le dégoûtaient. Et leurs yeux vides lui flanquaient une frousse à lui déclencher une attaque cardiaque. Il crevait de trouille à l’idée qu’elles approchent et qu’elles l’attaquent encore, même s’il savait qu’il ne pouvait pas vraiment mourir ici, quand bien même elles le dévoreraient tout entier. L’expérience de mort onirique n’avait rien d’agréable et il préférait s’en passer dans la mesure du possible. Si seulement il pouvait lancer des sortilèges… La magie lui manquait. À vivre comme un Moldu depuis toutes ces semaines, il avait le sentiment de l’oublier, de perdre ses pouvoirs. Sentiment d’ailleurs partiellement vrai, non parce qu’il ne pratiquait plus, mais parce que les soucis cumulés au cours des deux dernières années avaient gravement affaibli son corps et son esprit. Comme son apparence physique, sa puissance magique s’étiolait. Même s’il avait possédé une baguette magique, sa meilleure défense contre les ombres serait sans doute restée de se réveiller et il était incapable de le faire sur commande.

– Que vas-tu faire maintenant, Lucius ?

Lucius jeta à Abraxas un regard intraitable.

– Clamer ma repentance. Rien ne change.

– Tu prétendais t’inquiéter pour Drago, mais il est hors de danger à présent. Tu n’as donc plus d’excuse pour te comporter en lâche. Tu dois assumer ton ascendance et les idéaux qui t’ont forgé.

– Drago est acquitté, mais il n’est pas encore tiré d’affaire. Je réitère ce que je me tue à vous dire à quasiment chacune de nos rencontres, mais cette fois faites-moi le plaisir d’ouvrir vos oreilles : Drago a beau avoir été innocenté, je ne lui rendrai pas service en proclamant mon attachement aux valeurs de notre maison durant mon procès. Même si j’étais acquitté, il sera toujours le fils du Mangemort, je serai diabolisé, et lui aussi. Ce n’est pas l’avenir dont je veux pour lui.

– Non, en effet, l’avenir que tu rêvais pour lui était bien différent, n’est-ce pas ? siffla Abraxas d’un ton venimeux. Tu rêvais que ta mauviette de fils devienne une pointure chez les Mangemorts. Tu le rêvais au Ministère, dans le Gouvernement du Seigneur des Ténèbres, à un poste de haut fonctionnaire, contribuant à créer un monde meilleur selon les valeurs de notre famille. Mais en décevant le Seigneur des Ténèbres, tu as brisé l’avenir de Drago.

– Justement, il est temps d’arrêter l’hémorragie, le coupa Lucius avec une fermeté glaciale. Maintenant partez, je dois avancer.

Ignorant sa peur des ombres, il fit quelques pas vers le chemin doré, déterminé à l’emprunter et à découvrir où il le mènerait, mais Abraxas lui barra la route.

– Lucius, tu m’as rendu fier autrefois.

– Ce temps est révolu, c’est bien le message que vous me martelez depuis des semaines, non ? Eh bien sachez que j’en ai pris note. À présent retournez avec elles (il désigna les ombres fourmillantes d’un mouvement du menton), et laissez-moi en paix.

Abraxas afficha une mine chagrine qui aurait pu inciter son héritier à baisser la garde s’il avait ignoré sa propension aux pires roueries.

– Comment est-ce possible… Comment peux-tu avoir oublié…

– Oublié quoi ? Rétorqua Lucius avec humeur.

En parlant, il avait esquissé discrètement quelques pas de côté pour tenter de contourner son père. S’il se montrait suffisamment vif et habile, il pourrait foncer et passer à côté du spectre en évitant ses tentatives pour l’arrêter et s’engager sur le chemin lumineux.

– Si je ne fais que te le dire, tu ne m’écouteras que d’une oreille distraite. Le mieux serait donc que je te montre…

Avant qu’il ait pu amorcer un geste ou même protester, les ombres bondirent hors de la forêt. Il les vit fondre sur lui comme une marée d’eau noire. Elles le jetèrent à terre en un instant, mais cette fois, elles ne le mordaient pas, elles ne le griffaient pas. Elles se contentaient de le clouer au sol de toute leur force surhumaine pendant qu’un liquide glacial s’insinuait dans ses narines et ses oreilles. Un froid intense s’abattit sur son crâne, comme s’il gelait à l’intérieur de son cerveau, et Lucius se retrouva instantanément paralysé, aussi pétrifié que la victime d’un basilic. Il pouvait encore entrevoir le ciel noir au-dessus de sa tête dans l’effervescence de la meute grouillante qui rampait sur lui comme le ressac d’une tempête, mais ce qu’il ressentait dans son corps l’effrayait bien moins que les bruits qui lui parvenaient aux oreilles.

De l’autre côté, là où Abraxas Malefoy l’emmenait par la voie de l’Esprit, provenaient des hurlements et le crépitement furieux d’un brasier.

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Lucius et Drago Malefoy dans le film Harry Potter et les reliques de la mort.

Je vous remercie à nouveau pour votre lecture. Cela me fait extrêmement plaisir de faire revivre cette saga dans mon imaginaire et de partager cette histoire avec d’autres fans ♥ Si vous l’appréciez, cela me toucherait que vous en parliez aux Potterheads autour de vous ☺

@ bientôt pour une scène… brûlante !

Chris

⌁☍ Vous pouvez retrouver des textes originaux, qui s’inscrivent dans mon propre univers littéraire, dans la catégorie Histoires courtes et chansons, et découvrir aussi sur ce blog les résumés et quelques extraits de mes projets d’écriture plus longs.⌁☍

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