Chronique : Simetierre [roman d’horreur] – Stephen KING – Albin Michel

Timmy Baterman est peut-être bien mort […] mais son cadavre a l’air de se porter comme un charme, vu qu’il arpente Pedersen Road du matin au soir en exhibant son visage à tous venants.

sIMETIERRE – Stephen KING

Nous voici entré-e-s des deux pieds dans le mois d’octobre, peut-être l’un de mes deux mois préférés de l’année (avec novembre et le NaNoWriMo) parce que c’est le temps d’Halloween ♥ fête que je préfère largement à Noël. Mais vous me direz c’est un peu normal de la part de quelqu’un qui voue une passion immodérée aux spectres, vampyres et monstres de tout poil. Aussi à cette période j’adopte un peu le même comportement que les aficionados de la période de la nativité qui se pelotonnent dans des plaids en pilou, boivent du chocolat chaud / du thé et mangent des petits biscuits en regardant chaque année les mêmes films doudous à la télé. Je fais exactement la même chose dans une version un chouia plus sanglante, en y ajoutant un petit bonheur supplémentaire : chaque année, je relis également un ou plusieurs roman(s) que j’adore dans le thème.

Simetierre du grand Stephen King , classique du genre roman horrifique, est de ceux-ci. Son adaptation cinématographique de 1989 compte parmi mes films d’horreur préférés, l’un des seuls qui aient jamais réussi à me terrifier (voire le seul à ce jour) alors que je constitue un public difficile dans ce domaine, souvent déçu par les productions qui portent l’étiquette « films d’horreur / épouvante ». C’est simple, Simetierre m’a tellement terrifié à l’époque où je l’ai vu (en cours d’anglais en 5eme) que je n’ai pas encore réussi à me décider à le revoir (alors que j’en meurs d’envie et que j’aimerais comparer l’adaptation au roman) parce qu’aucune personne de mon entourage n’aime les films d’horreur (chienne de vie) et que je ne veux pas le regarder seul.

Peur ? Qui ? Moooiii ?

Je finirai bien par m’y coller (non sans avoir préalablement kidnappé mes chats pour avoir une compagnie rassurante pendant le visionnage – même si Simetierre n’est justement pas le film à mater avec des chats) et peut-être découvrirais-je qu’il n’était pas si terrible après tout avec dix-sept années de recul.

En attendant ce jour terrifiant, parlons ensemble du roman dont il est tiré qui constitue une œuvre maîtresse de la bibliographie de Stephen King !

🔸 Cet article est garanti sans spoiler, je reviendrai en détails sur l’histoire et ses thèmes dans une future vidéo YouTube 🔸

Panneau à l’entrée du Simetierre des animaux de Ludlow dans l’adaptation de 2019. Source.

Résumé

Louis Creed, un médecin, s’installe avec sa femme, Rachel, sa fille, Ellie, et son petit garçon, Gage, à Ludlow dans le Maine. Très vite, ils se lient d’amitié avec Jud Crandall, un vieil homme qui habite de l’autre côté de la route très empruntée qui passe entre leurs maisons et sur laquelle d’énormes camions filent à tombeau ouvert. Cette route cause une telle hécatombe parmi les animaux familiers du village depuis des décennies que des générations d’enfants ont érigé un site consacré à la sépulture de leurs compagnons dans les bois derrière la maison des Creed : le simetierre.

Les mois passent, tranquilles jusqu’au jour où un drame frappe les Creed sous la forme de l’un de ces maudits camions. Jud prend alors une décision qui signera la perdition de la famille Creed : il emmène Louis dans les terres au-delà du Simetierre. Dans la profondeur des bois se cache un autre site funéraire autrement moins innocent que celui entretenu par les enfants de Ludlow : le cimetière ancestral des indiens Micmacs. Cet endroit rend à la vie tous ceux que l’on y enterre… Jud a déjà eu recours à ses pouvoirs par le passé.

En entraînant Louis là-bas, le vieil homme ignore qu’il est le jouet de la force maléfique qui habite les anciennes terres des indiens et qu’il sera le déclencheur d’une série d’événements tragiques qui pourraient aboutir à la destruction de la famille Creed.

Simetierre, ou l’histoire d’une famille ordinaire victime d’une force obscure

Je n’ai pas encore lu beaucoup de livres de S. King, mais jusqu’à présent je retrouve dans toutes mes lectures de cet auteur un élément que j’apprécie énormément et qui contribue pour beaucoup à la force de Simetierre : des personnages crédibles, tour à tour attachants et désespérants dans l’expression de leur humanité et tout ce qu’elle comporte de peurs, d’espoirs, de lâcheté et de courage. Le réalisme des dialogues et la justesse avec laquelle l’auteur parvient à nous partager les états d’âme des membres de la famille Creed et de leur vieux voisin contribuent à leur conférer une vraisemblance époustouflante et nous sommes rapidement happés par leur quotidien à Ludlow.

Dans Simetierre, King confirme qu’il est autant un Maître de l’Horreur qu’un Maître de la Danse, celle qu’il fait décrire à la perfection à ses malheureux personnages que les pages que tournent lae lecteur•trice entraînent inexorablement dans une aventure cauchemardesque. Si King ne savait les croquer avec tant de précision, nul doute que leur sort nous horrifierait moins, mais ils sont trop vivants, trop humains pour nous laisser indifférents.

Citation de Stephen King, issue du roman Carnets noirs. Source.

Je suis certain que l’habilité démontrée par King dans la construction de ses personnages vient précisément du fait qu’il ne cherche pas à les dominer pour leur faire faire ce qu’il souhaite. Dans un autre de ses romans, Carnets noirs, l’auteur explique que l’écrivain n’est pas un dieu pour ses personnages comme le veut la doxa, mais un secrétaire. Idée qui me plaît énormément et que j’ai résumé de la façon suivante dans Une Maîtresse exclusive, une nouvelle que j’ai écrite sur le thème de l’écriture et le rapport entre auteur et personnages : « le personnage vit, l’auteur prend note ». Si les membres de la famille Creed et les autres acteurs de ce drame sont si proches de nous, je suppose que nous le devons à cette qualité de relation que King a établi avec ses personnages. Il ne les dirige pas, il les écoute raconter leur histoire et le résultat aboutit à des romans comme Simetierre.

PET SEMATARY. Extrait du film de 1989 (Mary Lambert).

Simetierre possède cette force envoûtante des œuvres noires réussies : l’écriture cinématographique de King installe une ambiance d’angoisse diffuse qui vous prend le cerveau et les tripes. L’atmosphère s’assombrit à mesure que vous progressez dans les chapitres et le petit train-train de la famille Creed s’imprègne d’une horreur si criante que même lorsque l’auteur vous annonce clairement la mort prochaine de l’un des protagonistes, même lorsqu’il écrit « [Machin] n’avait alors plus que deux mois à vivre », vous vous hâtez de poursuivre votre lecture tout en appréhendant le moment où le récit vous exposera à la funeste nouvelle. Mais vous êtes déjà trop attaché•e•s aux Creed et vous voulez savoir par quelles circonstances extraordinaires le hasard, le destin, ou plutôt la chose maléfique qui habite la forêt derrière chez eux va parvenir à les frapper avec une telle force.

Nous mettons ici le doigt sur ce qui sépare Simetierre du roman d’horreur culte qu’il incarne d’un simple drame familial. La cause des malheurs des Creed semble d’origine plus surnaturelle qu’humaine. Cependant, il serait faux de ne réduire Simetierre qu’à un simple roman d’horreur. Outre la densité remarquable des personnages de King, ce récit tire sa puissance de sa profonde dimension humaine et des thèmes universels qu’il aborde.

Une dimension humaine puissante derrière l’histoire horrifique à travers les thèmes du deuil et de la relation parents/enfants

Quelque chose me frappe à chaque relecture de Simetierre : ce roman ne raconte pas seulement une histoire horrifique, il met en lumière des vérités universelles sur notre condition mortelle, et tel le cimetière des Micmacs fait remonter à la surface nos peurs ancestrales. La peur de la mort en tout premier lieu, la nôtre et celle des êtres qui nous sont chers (Ellie, la fille de Louis, s’angoisse beaucoup au début du roman en découvrant que son chat peut mourir et même qu’il va mourir un jour comme tous les êtres vivants), mais aussi la peur de ce qui pourrait bien se trouver au-delà de l’état de mort.

PET SEMATARY (Kevin Kölsch, Dennis Widmyer), film de 2019, source.

Si Simetierre est capable de remuer aussi profondément ses lecteurs•trices, c’est précisément parce qu’il touche la terreur universelle tapie en chacun de nous. La certitude de notre propre finitude. Nous allons mourir. Vous et moi, mais aussi les êtres que nous aimons. Parce qu’ainsi le veulent les lois naturelles.

Simetierre nous conduit à reconsidérer notre condition mortelle et nous rappelle à travers son thème et la thèse du personnage médecin de Louis que la mort est naturelle. Qu’elle vous prenne à l’âge de vieillard ou au stade de petit enfant. Évidemment, notre époque et ses avancées médicales ont observé une régression si importante de la mortalité infantile que nous ne parvenons pas à considérer la mort d’un enfant comme « naturelle » (d’aucuns diraient que jamais des parents ne devraient enterrer leurs enfants, et comment les contredire ?), pourtant le phénomène paraissait familier aux populations autrefois. Les parents savaient que leur progéniture possédait de fortes chances de décéder avant d’atteindre l’âge de 6 ans de toutes sortes de causes (prédateurs, maladies, malnutrition…). Ce n’est pas parce que la mort d’un jeune enfant nous paraît illogique qu’elle n’est pas naturelle. La mort constitue le côté face de l’existence. Le revers immuable de la vie en fonction de la loi ultime de la nature : « tout ce qui vit meurt un jour », sans aucun lien de cause à effet avec le temps passé sur Terre. Certains êtres vivent plus de 100 ans quand d’autres ne goûteront au plaisir de l’incarnation terrestre que quelques heures dans leur existence.

La mort est donc par essence liée à la vie. Pourtant, comme le souligne Simetierre à travers le personnage de Rachel, la femme de Louis Creed, traumatisée par la mort de sa jeune sœur des suites d’une longue maladie, notre époque a refoulé la mort comme une chose honteuse, une chose dérangeante qu’il faut cacher à tout prix (et nous voilà à enfermer nos personnes âgées dans des établissements où elles meurent lentement à l’abri des regards).

À travers l’exploration de ces interrogations existentielles et la crainte de l’horreur tapie au fond des bois, Simetierre touche également une autre corde sensible chez l’être humain : ses interrogations sur un éventuel « Après », l’existence d’un Au-Delà que les croyances des un•es et des autres décrivent tantôt comme mirifique, tantôt comme épouvantable. Chaque personne a son propre avis sur la question, mais tous les êtres humains se demandent au moins une fois dans leur vie s’il existe quelque chose « après la mort », même si c’est pour écarter cette hypothèse aussitôt. Les philosophes et les psychiatres s’accordent pour dire que cette conscience de la mort vient de notre conscience de l’être, le fameux « cogito ergo sum » (« je pense donc je suis ») de Descartes. Cette faculté de penser et de nous penser qui fonde notre intelligence peut toutefois aussi se fourvoyer… ou être manipulée. À commencer par nos propres sentiments.

En lisant Simetierre, en pensant à notre propre rapport à la mort et en observant parfois avec consternation les décisions que prennent les personnages, nous trouvons difficile de les blâmer. Si j’avais été à proximité d’un site tel que le cimetière Micmac lorsque j’ai perdu ma Bagheera, je crois que je n’aurais pas été en mesure non plus de résister à ses macabres promesses… Il aurait mieux valu pourtant. Car dans l’univers de Simetierre, il existe des états pires que la mort…

Une histoire horrifique qui vous hantera longtemps

J’ai lu quelque part sur internet que Stephen King avait gardé Simetierre trois années dans ses tiroirs avant d’oser le proposer à son éditeur, jugeant qu’il s’agissait de son œuvre la plus noire. Il faut dire que cette histoire lui a été inspirée par de réels événements, notamment la mort du chat de sa fille (Smukky, qui fait d’ailleurs un caméo dans le roman en possédant sa tombe dans le simetierre de Ludlow), écrasé sur la route devant la maison familiale, et le fait que son petit garçon ait lui-même failli finir écrasé.

Simetierre possède tous les ingrédients d’une bonne histoire horrifique :

Extrait du film Pet Sematary Two, film de 1992. (Mary Lambert)
  • une petite famille ordinaire, un Monsieur et une Madame Tout-le-monde et leurs deux charmants bambins auxquels les lecteurs•trices pourront s’identifier d’un côté ou de l’autre, confrontée à un événement surnaturel intriguant, inquiétant, mais pas franchement angoissant jusqu’au jour où un drame frappe ;
  • la présence d’une force maléfique à l’origine du drame. Une force dont l’origine demeure aussi obscure que la nature. Est-ce une énergie surnaturelle comme nous pouvons nous représenter le Hasard ou le Destin ? Est-ce un monstre incarné ou capable d’incarnation qui agit depuis son repaire au fond des bois ? King joue avec l’idée d’une créature issue des légendes indiennes et les passages où il en est question sont particulièrement réussis. Je ne faisais pas le fier lorsque je lisais ce roman à 2 heures du mat’ en étant seul chez moi. Le cimetière Micmac et l’entité maléfique qui y habite me resteront en tête aussi longtemps que je vivrais ;
  • le fait que l’origine exacte de la force maléfique dont je parlais précédemment reste indéterminée contribue à l’atmosphère délétère qui imprègne le récit. Les non-dits portent dans l’imagination des lecteurs•trices aussi efficacement que ce qui est dit, mais trouvent toujours réponse à un moment où un autre de l’œuvre (ouf ! je ne sais pas ce que vous en pensez, mais personnellement, je déteste les questions laissées « à la seule discrétion de l’imagination des lecteurs•trices. La réponse trouvée par l’auteur•trice m’intéresse davantage que la mienne).

Je ne connais pas encore suffisamment l’univers littéraire de King pour savoir si c’est courant chez lui, mais j’ai également beaucoup apprécié les clins d’œils que l’histoire fait parfois à des personnages de ses autres romans.

Mon seul regret réside dans le fait que Stephen King n’ait jamais offert une suite à cette histoire qui l’aurait pourtant mérité. En effet, quelle qu’elle soit, les personnages comprennent que la force maléfique devient de plus en plus forte… Rien ne permet de supposer que ce phénomène s’inverse lorsqu’elle en termine avec les Creed et j’aurais beaucoup aimé continuer à observer sa progression à l’échelle d’une ville comme Ludlow ! Qu’à cela ne tienne, et même si les critiques le qualifient de « mauvais », je regarderai au moins Simetierre 2 (1992) produit par la même réalisatrice que le film de 1989 pour voir le scénario que l’équipe du film a trouvé.

Conclusion

J’ai attendu 2015 pour lire ce chef-d’œuvre (et pour lire King tout court). N’attendez pas plus pour en faire autant ! Simetierre saura à coup sûr vous faire frissonner en vous faisant entrer des deux pieds dans la délicieuse ambiance d’Halloween !

Affiche de Simetierre, adaptation de 2019. Source.

Extraits

« Louis avait aussi la conviction que dans les familles nanties d’enfants en bas âge le périmètre de plancher situé sous le canapé du salon finit par acquérir une force électromagnétique puissante et mystérieuse qui aspire l’un après l’autre toutes sortes de débris et d’épaves qui vont du biberon et de l’épingle de nourrice jusqu’aux crayons gras de couleur verte en passant par de vieux numéros de magazines enfantins aux pages collées par des restes de nourriture moisis.« 

« Les yeux exorbités, le visage livide, les cheveux hérissés sur la tête, il hurlait ; le son qui s’échappait de sa gorge était assourdissant comme toutes les cloches de l’enfer sonnant ensemble ; et ces terribles cris discordants ne sonnaient pas le glas de son amour, mais celui, définitif, de sa raison ; toutes les images atroces qui s’étaient imprimées dans sa mémoire tourbillonnaient ensemble dans sa tête. »

« On a probablement tort de penser qu’il peut y avoir une limite à l’horreur que peut éprouver l’esprit humain. Au contraire, il semble qu’à mesure que l’on s’enfonce plus profondément dans les ténèbres de l’épouvante une espèce d’effet exponentiel entre en jeu.« 

Le mot de la fin 🎃

Merci d’avoir lu cette chronique. Si vous appréciez mon travail et que vous souhaitez me soutenir, vous pouvez :

Merci pour votre fidélité à ce blog !

Chris

11 commentaires sur “Chronique : Simetierre [roman d’horreur] – Stephen KING – Albin Michel

Ajouter un commentaire

  1. Ta chronique est si passionnée qu’elle donne vraiment envie de découvrir ce livre -et les films aussi, par extension-. D’ailleurs, j’ai hâte de pouvoir également lire ta comparaison entre l’œuvre littéraire et l’œuvre cinématographique de 1989.
    C’est ainsi que Simetierre, qui était déjà dans ma liste, passe en premier plan pour la prochaine lecture ! 😀 Et, en vue des thèmes qu’il traite, je sens que ce voyage sera terrible et captivant à la fois !!

    J'aime

    1. Merci beaucoup 😊 cela me fait toujours extrêmement plaisir de donner envie à d’autres personnes de lire un livre que j’ai adoré ! J’espère qu’il te plaira autant qu’à moi 😉

      Pour le film je n’ai toujours pas réussi à surmonter mon appréhension. Je crois que je vais COURAGEUSEMENT le regarder en plein jour 🤣 parce que je brûle vraiment d’envie de le revoir pourtant.

      Je te souhaite de passer un bon (même si terrible !) moment à Ludlow ^^

      J'aime

        1. Avec plaisir ! Et pendant que j’y suis, quels autres livres me conseillerez-vous de King ? Je n’en ai lu que trois pour l’instant (Simetierre, Carnets noirs, Mémoires d’un métier) et bientôt Salem. Quels sont pour vous les incontournables de sa bibliographie ?

          Aimé par 1 personne

        2. Je n’ai pas lu tous ses livres mais, pour moi, les incontournables sont : « Ca », « Le Fléau », « Misery » et « La Ligne verte ». J’ai trouvé « Ca » terrifiant, prenant, avec ce clown horrible ! Je l’ai lu il y a longtemps, pourtant je m’en souviens très bien. « La Ligne verte », c’est un autre style, il est plus dans le fantastique que dans l’horreur et je l’ai trouvé très émouvant.
          Si les recueils de nouvelles vous intéressent, je peux vous conseiller « Danse macabre ».
          Sous le pseudo Richard Bachman, je vous conseille « Marche ou crève ». J’espère vous avoir aidé !

          Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :