Chronique : Gurifin et l’Ode à la lune [nouvelle fantasy] – Yannick A. R. FRADIN – autoédition

Gurifin et l’ode à la lune [conte fantastique]

Bonjour à tous et toutes !

À croire qu’un mythe en appelle un autre, je vous propose aujourd’hui de laisser les Labdacides laver leur linge sale en famille pour nous envoler sur les ailes du splendide Gurifin, fier et noble griffon !

Descriptif technique


Gurifin et LOde à la lune est la première nouvelle d’une série de 9 histoires de fantasy publiées à partir de janvier 2018.

Lauteur : Enseignant et professionnel de la petite enfance, Yannick A. R. FRADIN commence à écrire fin 2012. La passion de l’écriture devient progressivement un troisième métier alors que l’auteur se professionnalise et se diversifie. Grand amoureux de l’imaginaire, Yannick écrit essentiellement de la fantasy et de la fiction historique.

Illustrateur (couverture) : catavic

Date de la première publication : 07/01/2018

Genre : Nouvelle fantasy

Éditeur : Autoédition

Nombre de pages : 18

Résumé


Gurifin, griffon de son état, est sans doute l’une des plus nobles créatures qu’on puisse imaginer : un être aussi beau que terrible, à la jonction du ciel et de la terre. Mais voilà qu’il s’éprend de la lune et un chemin semé d’embûches s’ouvre à lui pour rejoindre sa bien-aimée.

Mon avis


Gurifin et l’Ode à la lune constitue mon premier contact avec la plume de Yannick A. R. FRADIN, et il ne fait aucun doute qu’il y en aura d’autres après cette nouvelle ! Quelques lignes ont suffi à me plonger dans l’univers au parfum mythologique et merveilleux de l’auteur.

C’est contemplant le monde du haut du dos de Gurifin que nous entrons dans cette histoire. Le personnage possède une aura frappante. Un corps mi-lion mi-aigle, un battement d’ailes puissant, un cri terrifiant et douloureux aux oreilles humaines, une nature élégante et orgueilleuse, tel est Gurifin dont la description physique est particulièrement réussie. La scène de la bête mythique survolant le paysage m’apparaît aussi clairement à la lecture que si j’étais en train de tourner un documentaire animalier en terres sauvages. L’écriture est visuelle et facilite l’immersion, le vocabulaire riche, mais sans aller dans l’excès qui nous contraindrait à ouvrir trop souvent notre dictionnaire.

Quand surgit la promesse du titre, l’adoration de Gurifin pour la lune, la surprise est au rendez-vous. Ainsi donc, c’est de sentiments amoureux dont il est question ! Ce n’était pas ce que j’avais imaginé, mais ne croyez pas que vous disant cela, je vous révèle tout, car à ce stade, une foule de questions restent en suspens. Notre Matamore à plumes ne vise-t-il pas trop haut ? Est-ce vraiment raisonnable de courtiser la lune, comment pourra-t-il jamais la rejoindre, tout griffon qu’il soit ? A-t-il raison de s’entêter dans son obsession amoureuse ou est-il le nouvel Icare ?

En tout cas, son amour est bien inspiré, l’ode qu’il dédie à sa dame pâle à chacun de leur tête à tête est vraiment joli. Ces passages poétiques rendent l’écriture lyrique, aussi gracieuse et aérienne que Gurifin lui-même.

Tout comme lui, j’ai été séduit par la distance réservée de la lune, puis j’ai souhaité de tout cœur qu’il arrive à l’émouvoir, et enfin j’ai frissonné en découvrant qu’elle lui laissait une chance, une seule, de l’approcher…

Gurifin et l’Ode à la lune, c’est bien la preuve qu’une nouvelle peut donner autant d’émotions qu’un roman si elle est bien construite. Je suis impressionné par la vitesse à laquelle je me suis attaché à connaître le sort de Gurifin.

Après la découverte du lumineux Jean-Louis BOUZOU, Yannick A. R. FRADIN me conforte dans l’idée que les vieux préjugés sur l’autoédition sont plus que jamais dépassés. On y trouve de véritables perles, et parmi mes résolutions 2018 figure celle de lire davantage d’auteur•e•s indépendant•e•s !

En attendant, je conseille chaudement Gurifin et l’Ode à la lune à toutes les personnes amatrices de fictions courtes et de merveilleux.

Extraits


« Le parfum des fleurs sauvages accrochées aux parois en contrebas lui chatouillait parfois l’intérieur du bec, au gré des mouvements du vent tiède et doux qui lui caressait les flancs. Les yeux mi-clos, Gurifin planait avec nonchalance, ne se souciant ni des reliefs escarpés qu’il frôlait parfois du bout des ailes, ni du gibier qui détalait à l’approche de son ombre. Le soleil dardait ses rayons bienfaisants sur son pelage luisant et brillait du plus bel éclat sur les pointes argentées de ses plumes. Quelle fière allure il devait avoir !

Tout plongé qu’il était dans l’admiration de lui-même, le griffon ne remarqua pas tout de suite la haute tour de pierre qui défigurait le paysage en contrebas. La construction humaine avait été dressée en coup de colère sur le versant vierge de toute végétation au-dessus duquel Gurifin venait de s’engager. Ce dernier n’était qu’à deux coups d’ailes de l’obstacle lorsqu’une corne éructa une note puissante et sonore, le tirant de sa rêverie matinale. »

***

« Quand les étoiles commencèrent à tapisser le ciel, une certaine émotion s’empara du jeune griffon. Cette émotion grandit alors que la nuit s’installait pour de bon, et fut à son comble lorsque la lune lui apparut, ronde et brillante, dévoilée par le glissement de quelques nuages soufflés par le vent nocturne. Gurifin scruta longuement la géante blanche et il eut une révélation : il ne trouverait pas le repos tant qu’il ne l’aurait pas rejointe. »

Illu fin Gurifin
Source : https://wall.alphacoders.com/

J’invite les curieuxes à découvrir l’univers de l’auteur via son site : ici =) !

Si d’autres personnes ont lu cette nouvelle, cela me ferait plaisir d’échanger sur le sujet pour prolonger l’immersion ☺

Merci de m’avoir lu, et à bientôt pour de nouvelles chroniques !

Chris