Chronique : Folklore [nouvelle] – Jean-Louis Bouzou – autoédition

Dia duit, lecteurs et lectrices assidu•e•s de ce blog ou simples touristes de passage ! Dans ma dernière chronique, je disais que j’allais consacrer davantage de mon temps de lecture à des auteur•e•s ayant choisi des modes d’éditions alternatifs, car ma découverte du milieu de l’autoédition m’a réservé d’excellentes surprises. Eh bien, j’ai le plaisir de vous annoncer que sitôt la décision prise, application en était faite ! J’ai rempilé cette semaine en poursuivant mon immersion dans les univers des auteurs découverts le mois précédent.

De Jean-Louis Bouzou, je connaissais déjà la nouvelle Entendre le monde, dont la poésie sauvage et les valeurs écolo-spirituelles m’ont marqué•e pour longtemps.

Folklore a-t-elle confirmé mon coup de cœur pour la plume de l’auteur ?

Descriptif technique


Auteur : Jean-Louis Bouzou

Date de la première publication : 29 novembre 2017

Genre : Nouvelle

Éditeur : Autoédition

Nombre de pages : 62 pages

Résumé


 

Jean est un peintre qui n’arrive plus à peindre. Sur les conseils de son meilleur ami – et agent artistique -, il décide de changer d’air pour stimuler sa créativité et part en Irlande.

Là-bas, il retrouve l’inspiration et fait la connaissance d’un autre artiste, un Irlandais qui va lui conter quelques histoires célèbres de son pays…

Mon avis


Au moment où j’écris ces lignes, je suis heureuxe comme Ulysse, car j’ai fait un beau voyage. Un beau voyage dans l’Irlande contemporaine, verdoyante et magique de Folklore.

En relisant la nouvelle pour rédiger cette chronique, je me suis étonné•e du peu d’éléments descriptifs livrés par l’auteur. En fermant Folklore la première fois, j’avais la tête si pleine d’images de landes verdoyantes et de côtes sauvages aux flancs déchiquetés que j’étais persuadé•e de les avoir lues texto dans la nouvelle. Or, ce n’est pas le cas. Les descriptions du décor sont très succinctes, preuve de la capacité que j’avais déjà remarqué chez Jean-Louis Bouzou à convoquer une ambiance en très peu de mots.

Folklore a transformé mon salon en pub irlandais. Le fauteuil sur lequel je me prélassais au coin de la cheminée s’est changé en chaise en bois (bon, d’accord, c’était la chaise en bois la plus confortable du monde), une pinte de Guinness a pris la place de mon chocolat chaud, et l’atmosphère a changé. En deux tours de passe-passe de l’imagination, la chaleur du foyer qui brûlait à deux pas de moi est devenue celle du pub irlandais où je m’attablais avec les personnages pour participer à leur conversation.

L’ambiance conviviale et amicale des lieux et/ou des échanges qui s’y jouent est si bien retranscrite que j’ai eu l’impression de m’asseoir à table avec des ami•e•s pour écouter les histoires de Liam, le conteur. La proximité de Jean avec les lecteurs et lectrices, puisqu’il s’adresse directement à nous comme à des ami•e•s à qui il relaterait son voyage, renforce encore le sentiment de connivence avec les acteurs de la nouvelle, tous emportés par le talent oratoire de Liam.

Ce dernier nous fait rêver en nous emmenant sur les traces des Fianna et sur celles des petits êtres des bois, gnomes et autres farfadets, qui hantent les paysages sauvages de l’Irlande.

En racontant ses histoires à Jean et aux autres personnages, Liam créé un effet de mise en abîme pour nous lecteurs•lectrices qui lisons des histoires dans une histoire.

Si j’ai autant adoré ce personnage et cette nouvelle outre ses atmosphères particulièrement réussies, c’est sans doute pour ce que l’un et l’autre révèlent de la nature de l’écrivain. Les conteurs et les écrivains sont par nature de la même essence : ce sont des raconteurs d’histoire, des enchanteurs… Et d’ailleurs, ils portent parfois la double casquette de conteur ET d’écrivain.

Ce parallèle entre les deux professions ne m’a rendu la chute que plus savoureuse, même si elle a fait râler une certaine dimension de ma personnalité… Mais chut, je ne peux rien vous dire de plus 😉

Extraits


 J’adorais mes après-midis de vagabondage et de travail. Rouler dans le vent et le crachin sur les petits chemins, courir la côte ou la campagne à la recherche de paysages à peindre ; installer mon matériel sur la plage ou devant un cottage me procuraient une joie et une force semblables à celles éprouvées lors de mes débuts. Là, je comprenais ce que les impressionnistes avaient ressenti à leur époque, lorsqu’ils avaient pu, grâce au progrès du matériel, sortir peindre sur le motif.

***

Il y a fort longtemps dans notre pays, vivait une race de fiers guerriers que l’on appelait les Fianna. Ces hommes valeureux, gardiens du Haut-Roi de l’Irlande, s’étaient donnés pour tâche de défendre celle-ci contre toute invasion. À leur tête se trouvait le grand Finn Mac Cumaill dont le fils, Oisín, était tout autant guerrier que poète ; c’est d’ailleurs grâce à lui que toutes les histoires de Finn et de ses hommes sont parvenues jusqu’à nous, aujourd’hui ; ainsi, toutes leurs batailles, aventures et amours, en ce monde comme dans l’autre, continuent de nous faire vibrer, montrant l’exemple aux nouvelles générations d’Irlandais et les emplissant de fierté. Ce n’est pas pour rien que vous entendez quelquefois chez nous, ce proverbe-là : Il y a deux sortes d’hommes ici-bas : les Irlandais et ceux qui rêvent de l’être.  

Irland Christian Birkholz
Crédit image : Christian Birkholz – Source : https://pixabay.com/fr/hutte-ruine-irlande-209466/

Avez-vous lu cette nouvelle ? Connaissez-vous cet auteur ? Si oui, je serai ravi•e d’en parler avec vous !

Merci de m’avoir lu•e, et à bientôt pour de nouvelles aventures littéraires !

Chris