Un vent de nostalgie aurait-il soufflé sur ma vie en 2017 ? Après mon retour à Grévin, j’ai eu envie de revivre l’expérience du Futuroscope que j’avais visité une première fois dans les années 90. De cette excursion de jeunesse, je n’ai gardé aucun souvenir, sauf celui d’un ennui profond.
Presque 20 ans plus tard, allais-je enfin m’amuser au Futuroscope ?
Retour sur ma sortie la plus décevante de l’année écoulée !

Des attractions mornes et répétitives
Le visuel du parc est assez fantastique. Le cadre est propre, joli et très verdoyant (mais en même temps on est dans la Vienne ♥ #instantchauvinisme), et de l’extérieur les attractions envoient carrément du pâté avec leurs structures géométriques originales et résolument futuristes.

Source image
Hélas, ces formes impressionnantes ne cachent rien d’autre qu’un grand vide dans tous les sens où on peut l’entendre. Les attractions sont nettement plus petites que les structures qui les abritent, et le contenu qu’elles proposent est trop pauvre pour présenter un véritable intérêt.
Ah ! les architectes se sont fait plaisir, ça, aucun doute. Et je salue l’initiative d’aménagement des files d’attente à l’intérieur des structures pour les jours de froid et de pluie. Mais c’est quand même stupeur et frustration quand l’architecture d’un bâtiment vous laissait fantasmer un long et passionnant parcours à découvrir et que vous vous apercevez qu’en fait, tout est plié en 2-3 minutes et que le plus gros trajet que vous ayez parcouru au sein des bâtiments, c’est la file d’attente.

Même les palais des glaces des fêtes foraines font mieux en étant systématiquement composés d’une partie « parcours d’obstacles » installée avant le labyrinthe de miroirs qui constitue le cœur de l’attraction !
À celleux qui seraient en train de se dire que je compare ce qui n’est pas comparable, le Futuroscope étant connu pour être « le parc Européen de l’image« , et donc a priori pas un parc d’attractions classique dans la trempe d’Astérix ou Disneyland, je répondrais que cette objection vraie hier ne l’est plus aujourd’hui.
J’y reviendrais dans la deuxième partie de cet article, mais le concept initial du Futuroscope est largement dépassé par l’évolution de la société, et le parc essaye de s’adapter pour perdurer. Aussi se présente-t-il aujourd’hui lui-même comme un parc d’attractions, ce dont personne n’aurait osé le qualifier il y a quelques années.
La preuve en image :

Mais quelles sont donc ces attractions que le Futuroscope nous promet ? J’en ai repéré trois grands types différents (je ne compte pas les activités de plein air pour les enfants) :
– Les spectacles : à mes yeux, il s’agit clairement des meilleures « attractions » que le Futuroscope propose. Les belles performances des artistes mariées à la technologie visuelle du parc créent un résultat convaincant (mon meilleur souvenir de la visite est sans conteste celui du spectacle Les Mystères du Kube, dont la poésie m’a soufflé).
– Les attractions contemplatives : films en 4D sur les animaux, les planètes (Chocs Cosmiques m’a beaucoup plu), l’infiniment petit… Ces attractions parfaitement dans l’esprit Futuroscope (découverte et pédagogie) sont plutôt réussies en général, mais pas aussi extraordinaires que ce que l’on peut attendre d’un parc qui a bâti sa réputation sur sa maîtrise de la technologie visuelle.
– Les attractions hybrides (de loin les plus nombreuses) entre le contemplatif et les « « « sensations » » » – avec beaucoup de guillemets, car ce n’est pas au Futuroscope que vous prendrez vos plus grands frissons, à moins d’avoir 8 ans.
La déception et la frustration que me laisse cette visite proviennent surtout de cette dernière catégorie d’attractions. D’autant plus que le Futuroscope présente comme des attractions à sensations fortes pas moins de 7 attractions sur son site internet ! Passe encore pour Danse avec les robots, qui peut mériter cette qualification, mais pour les autres… Les aficionados de sensations fortes en ressortiront passablement déçus et énervés.

Okay, chacun sait que ce n’est pas la vocation du Futuroscope de donner dans la sensation forte, mais dans ce cas-là, que le site promotionnel du parc cesse de se faire marchand d’illusions à ce sujet. Je veux bien qu’il s’agisse de stratégie marketing, mais celle-ci est si absurde qu’elle frise la malhonnêteté.
Outre ce souci sur la définition de « sensations fortes », le problème majeur que j’ai trouvé au Futuroscope, c’est que toutes les attractions se ressemblent.
Chaque nouvelle attraction vous entraîne dans un nouveau décor. Vous passez ainsi de l’univers des Lapins crétins à celui de L’Âge de glace, ou d’un univers futuriste avec des motos volantes à une attraction dont l’héroïne, une vieille souche d’arbre qui parle, vous balade à travers la Vienne en vous faisant la propagande de la région (La Vienne dynamique, rien que ce nom, quelle blague – parole de poitevin).
À ce stade, vous vous dites peut-être : « mais qu’est-ce qu’il a à râler, le Chris, ça a l’air varié pourtant ! »
Oui, sur le papier, mais dans leur conception technique, les attractions « hybrides » sont toutes des copies les unes des autres.
Je vous explique. Après un temps de queue plus ou moins long, vous entrez dans l’attraction proprement dite et vous vous installez sur un siège.
L’attraction démarre.
Vous regardez ce qui apparaît sur l’écran face à vous. Soudain, votre siège vibre un peu. Vous êtes aspergé•e d’eau, puis une soufflerie se met à vous jeter de l’air au visage.
Votre siège se remet à vibrer et voilà, c’est fini. Merci, au revoir.
Vous sortez donc, un peu désappointé•e, et vous dirigez plein d’espoir vers une autre attraction. Après un temps de queue plus ou moins long, vous entrez dans l’attraction proprement dite et vous vous installez sur un siège.
L’attraction démarre.
Vous regardez ce qui apparaît sur l’écran face à vous. Soudain, votre siège vibre un peu.
Vous êtes aspergé•e d’eau…

Vous pensez peut-être que j’exagère, mais non ! L’ordre de ces différents effets change un peu selon l’attraction, mais vous les retrouverez systématiquement. Que ce soit dans les Lapins Crétins, L’Âge de Glace, La Vienne Dynamique ou n’importe quelle autre attraction, votre siège va vibrer et vous allez recevoir de l’eau et de l’air sur la figure.
Très original et imaginatif pour un parc qui se veut fenêtre sur le futur, n’est-ce pas ?
Lorsqu’elles ne sont pas indécemment brèves en plus d’être répétitives, les attractions sont d’une mollesse à vous faire bouillir le sang (et pourtant, le mien est Corse et pas vraiment gêné par la lenteur d’habitude).

Dans certaines attractions, on attend simplement qu’il se passe quelque chose en regardant ce qu’on nous donne à voir sans trouver ça aussi extraordinaire que ce qu’on nous a vendu et ce pourquoi nous sommes venus.
La gyrotour en est l’exemple le plus frappant : « Montez à bord et élevez-vous doucement à 45 mètres au-dessus du sol pour profiter d’un panorama exceptionnel sur l’ensemble du site du Futuroscope » dit le site du parc.
Bon, au moins cette fois les choses sont claires. On ne monte pas dans une attraction façon « Tour de la terreur », qui s’élève doucement pour redescendre d’un coup en vous causant une remontée d’organes. Nous sommes au Futuroscope, il s’agit donc d’une énième attraction contemplative. Okay, pas de problème avec ça. Par contre, pour le panorama exceptionnel censé justifier son existence, on repassera. Le côté parc est encore sympathique, mais la route qui entoure la zone gâche la campagne.
Si même dans ce type d’attractions qui s’inscrit parfaitement dans son esprit, le Futuroscope déçoit, c’est que l’heure est critique. Et en effet, le bât blesse gravement. Le Futuroscope souffre d’un mal ironique pour un parc qui se veut anticipateur : il peine à innover.
Un parc vieillissant
Le constat est dur, mais le nom de Futuroscope est on ne peut plus mal adapté à la réalité.
À son ouverture, le 31 mai 1987, ce parc était peut-être innovant. À l’époque, le cinéma 3D n’était pas encore répandu dans les salles et le Futuroscope était un équipement destiné à présenter les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Aujourd’hui cependant, il a été dépassé par la démocratisation des technologies qu’il présentait.
Si esthétiquement, le parc n’a pas pris une ride avec ses belles attractions rutilantes et très bien entretenues, son concept, lui, s’est asphyxié. Même les attractions uniquement basées sur le visuel semblent dépassées et ne laissent pas un souvenir impérissable. Les films projetés sont sympas, sans plus. Je n’ai pas vécu une expérience cinématique hors du commun au Futuroscope. N’importe quelle salle de France équipée de la 3D est capable d’offrir la même chose.
Mais ce qui m’a tué, c’est vraiment la répétition des effets censés être funs. Toujours les mêmes dans chaque attraction (vibrations des sièges, projection d’eau et d’air), rigolos les quatre premières fois (parce qu’en plus on vous les resserts plusieurs fois au cours de la même attraction), puis franchement blasants.

D’un parc tourné vers le futur, je pense que nous serions en droit d’attendre des attractions plus audacieuses et un peu moins pensées pour les enfants (même si, en l’état actuel, je ne vois guère qu’eux pour pouvoir apprécier pleinement la visite).
Finalement, ce que j’aurais le plus aimé ce sont les spectacles. Les performances des artistes alliées aux effets spéciaux donnent un rendu vraiment réussi esthétiquement, mais ce n’est pas tellement ce qu’on s’imagine trouver au Futuroscope. Si l’on veut voir des spectacles alliant prouesses humaines et technologiques, nombre de salles en proposent déjà à travers la France.
Autre problème qui joue contre le parc que m’ont fait remarquer des ami•e•s : le Futuroscope n’a pas d’univers propre. Tout s’y mêle dans ce qui ressemble à un joyeux capharnaüm ! Un lapin crétin se promène dans les allées du parc et croise Cyd, le paresseux de L’Âge de glace ? La scène est plutôt marrante à voir, mais dommage que la présence de tels personnages, chacun d’une licence différente, soit la seule chose qui nous immerge un peu dans une autre réalité lorsqu’on se promène dans les allées du parc.
Au lieu de se contenter de racheter les droits de licences à succès, le parc devrait innover dans la conception de ses attractions, mais aussi se créer une identité propre qui donnerait envie aux visiteurs d’y retourner pour retrouver une ambiance originale.
Nous, en tout cas, à 14h30 sonnantes, après un peu plus de deux heures de visite, on avait qu’une envie : se tirer. Je ne vous parle même pas d’y retourner…
En conclusion, vraiment déçu par cette visite. Il y a urgence pour le parc à se renouveler, et au Département à l’y pousser. Le Futuroscope, c’est l’attraction phare de la Vienne. C’est vous dire le dynamisme de la région…
En BREF
Les plus :
- Très beau visuel extérieur : esthétique des attractions modernes, cadre propre et verdoyant. Des espaces de pique-nique agréables.
- Parc pensé pour les enfants : une visite en famille vaut sans aucun doute beaucoup plus le coup qu’entre ami•e•s amateurs•trices de sensations !
- De beaux spectacles.
-
N’ayant pu le voir, je laisse au parc le bénéfice du doute sur la beauté de son spectacle nocturne.
Les moins :
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Durée des attractions très courte pour des temps d’attente parfois très longs (Danse avec les Robots en est l’expression la plus symptomatique : touStes les amateurs•trices de sensations en manque s’y retrouvent, et la queue est longue pour savourer une seule minute d’attraction).
- Attractions dites à « sensations fortes » qui ne le sont pas du tout (sauf si vous avez la phobie de l’eau, pourquoi pas).

Ne vous attendez pas à ressentir plus d’excitation et de danger que le mec dans cette voiture. Source - Attractions répétitives.
- Pas d’univers propre.
- Boutique affreusement chère, même pour des produits qui se trouvent très facilement dans des bazars !
Certain•e•s parmi vous ont-iels déjà visité le Futuroscope ? Qu’en avez-vous pensé ?
Pour les autres, malgré mon avis négatif, je ne vous dirais pas de ne pas y aller – rien de tel que de forger ses opinions par soi-même – mais maintenant, vous savez dans quoi vous vous embarquez 😉
Merci de m’avoir lu et @ bientôt quelque part ! (mais pas au Futuroscope).
Chris
PS : Ô ma petite Coco, toi l’amie qui a souffert cette visite avec moi, merci d’avoir redonné un peu de couleurs à cet après-midi qui aurait été bien morne sans toi !


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