J’ai testé pour vous : Visite au Musée Grévin, quand l’inanimé paraît vivant !

Voilà longtemps que j’avais envie de retourner à Grévin à Paris. Parce que ma dernière et unique visite remontait à mes classes de primaire et que les souvenirs que j’en gardais érigeaient l’endroit en un lieu merveilleux, à la croisée des chemins entre l’histoire et la magie. J’aurai pu appréhender d’y retourner par peur que mon regard d’adulte ne ternisse l’éclat fabuleux des souvenirs. Mais j’étais sûr•e que même à mon âge, j’allais encore trouver le moyen d’apprécier la visite. L’enjeu était plutôt de savoir jusqu’à quel point…

Quinze ans plus tard, que reste-t-il de la magie du Musée Grévin ? Est-ce que ça vaut vraiment le coup de débourser autant pour une heure de promenade au milieu de personnages en cire ? (Ne nous mentons pas, ça fait cher le selfie avec nos idoles quand même…).

Le Musée Grévin ou l’art de la mise en scène

La première chose qui frappe en entrant dans le musée (et qui m’était complètement passée à côté enfant) c’est la beauté de l’architecture intérieure du bâtiment. Si les pensionnaires de cire du Musée sont incroyables, le décor qui les abrite n’est pas en reste.

Somptueux, le mot m’est venu spontanément alors que je gravissais l’escalier de marbre qui mène aux collections du musée, et je l’ai pensé très fort jusqu’à la fin de la visite.

J’ai retrouvé avec plaisir le Palais des Mirages. Lorsque les lampes de cette salle s’éteignent, les visiteurs sont plongés dans un spectacle de sons et lumières qui les conduit d’un temple hindou mystérieux à une jungle inquiétante, puis au Palais des Mille et une Nuits. Des personnages en cire de danseuses et de fakirs indiens, mystérieux et menaçants, entourent le plateau. Les effets lumineux les rendent par moment aussi vivants que vos voisin•e•s proches.

Enfant, le Palais des Mirages m’avait subjugué•e. Cette fois, j’en suis ressorti•e passablement déçu•e, mais tout de même émerveillé•e par la façon dont l’architecture de la salle (qu’on pourrait renommer le Palais des Miroirs) et son décor exotique ont été pensés. Le spectacle est quand même centenaire ! Il a été présenté au Trocadéro lors de l’exposition universelle de 1900 et le Président de Grévin de l’époque en a été tellement enthousiasmé qu’il a demandé à ce qu’il soit installé au musée à la fin de l’exposition.

Palais des mirages
Le décor inquiétant du Palais des Mirages.

Mais même si le spectacle a mal vieilli, il a au moins l’avantage de nous faire patienter en attendant que le précédent groupe de visiteurs vide les premières salles du musée, et celui de matérialiser notre passage dans le monde parallèle de Grévin, où l’inanimé a l’air vivant.

Un prodige qui est rendu possible par l’extraordinaire toile de fond que représente le Musée pour les personnages qu’il abrite. Grévin, c’est avant tout un théâtre, des décors, des ambiances sans lesquelles les personnages de cire seraient bien moins impressionnants.

Les mises en scène proposées par le musée sont très différentes d’une salle à l’autre, et toutes saisissantes. Rien ne vous prépare à passer de la très branchée brasserie parisienne où se réunit la crème des acteurs et des gens de Lettres, aux cachots humides où croupissent les prisonniers de l’Inquisition dans des bruits d’eau qui coule et les gémissements dolents des captifs.

Le voyage que Grévin propose est aussi actuel qu’intemporel. Une partie de la collection du Musée est toujours consacrée à l’Histoire de France, et notre panoplie de rois, sous l’œil critique du vieil Hugo écrivant devant la reconstitution en cire de La Liberté guidant le peuple, précède un défilé de stars à faire pâlir Hollywood (Mika, Line Renaud, Johnny Hallyday, Stromae, Brad Pitt, Angelina Jolie…).

On vagabonde dans le musée avec l’ignorance du visage qui va surgir au prochain tournant et le frisson de la découverte. On se surprend à reconnaître des personnages qu’on avait oubliés. On redécouvre certaines scènes historiques, voire certains passages de notre littérature. La Faucheuse sur son grand cheval noir surgissant d’un puits devant Esméralda et Quasimodo donnera sans doute quelques frissons aux amoureuxes de Notre-Dame de Paris. Quant aux amateur•trice•s de romans de cape et d’épée, ils ne seront pas en reste non plus (la preuve en image ci-dessous).

3 mousquetaires
Les 3 Mousquetaires se livrant à l’une de leurs célèbres joutes dans l’une des salles du Musée.

Le Musée Grévin ou l’art du vraisemblant

Bien sûr, cette visite « 15 ans après » n’a pas tout à fait la même saveur que la première.  Je n’ai plus le souffle coupé en regardant les statues, mais je suis quand même transporté•e. Certaines arrivent même encore à me faire peur. Dans la salle des grandes figures politiques contemporaines, Margaret Thatcher et Vladimir Poutine ont l’air de me suivre des yeux et je n’ose pas leur tourner le dos. Heureusement, il y a Obama au visage radieux et François Hollande et son air débonnaire derrière qui se réfugier, mais l’expérience reste troublante.

Beaucoup de statues sont carrément impressionnantes. Charles Aznavour, dans le théâtre, semble s’attarder pour parler à ses amis artistes pendant que, dans la brasserie parisienne, Sartre semble étonné de nous voir nous intéresser à lui. À quelques pas de lui, Ernest Hemingway fixe le vide d’un regard mélancolique, beaucoup trop humain pour une simple statue de cire.

CA
Charles Aznavour dans le théâtre de Grévin.

Un réalisme impressionnant qui doit certes beaucoup aux savantes mises en scène pensées par le musée, mais qui doit plus encore à l’incroyable savoir-faire des divers professionnels qui travaillent à la fabrication de ces êtres de cire.

Bon, bien sûr, il y a aussi quelques ratés, la magie n’opère pas à tous les coups. Mimie Mathy louche un peu, Céline Dion a la tête un peu plate et la statue de Nolwenn Leroy ressemble davantage à une sœur de la chanteuse qu’à son sosie (ballot !)

Très (trop) souvent au cours de la visite, j’ai dû pester contre des personnes qui restaient en grappe autour de leurs stars fétiches et se prenaient en photo avec sous tous les angles, sans laisser les autres visiteurs approcher. Mais je devais bien admettre qu’elles n’étaient pas les seules à qui les doux yeux des personnages de cire faisaient de l’effet… Ma mère a couru du bras d’Omar Sy à celui de Nicolas Cage, n’a pas résisté à la tentation de mimer un baiser sur la joue de Charlie Chaplin, a pris la pose aux côtés de Mme de Fontenay et a quitté à regret Maître Gims et Matt Pokora

Après tout ça, je peux affirmer que la visite de Grévin séduira autant les petits que les grands !

En BREF

Les plus :

  • Dépaysement pendant plus d’une heure

  • Des ambiances sonores et visuelles ainsi que des décors très bien réalisés

  • Réalisme de la plupart des statues

  • Il y en a pour tous les goûts : chanteurs, acteurs, rois de France, écrivains, footballeurs, musiciens, politiciens, stars de la mode, personnages fictifs…

Les moins :

  • Le prix : ça reste cher pour ce que c’est (de mémoire 17 euros pour un tarif étudiant).

  • Temps de visite trop bref. Pour le prix, on reste sur sa faim… (Et puis les ambiances sont tellement cool qu’on a envie de prolonger l’immersion).

  • Les groupes qui restent « en grappe » autour des statues. Non, ne dites pas que je chipote, c’est VRAIMENT chiant. Futurs visiteurs de Grévin, pensez aux autres et ne monopolisez pas 20 minutes le double en cire de votre star adorée, pitié.

  • Je ne peux pas réellement classer ce qui va suivre dans les moins, mais cela me tourmente quand même alors je l’écris ici. Que deviennent les malheureuses statues retirées des expositions ? Sont-elles entreposées quelque part ou refondues pour en créer de nouvelles ? Le mystère reste entier.
Jean D
Source : compte twitter du Musée Grévin

En conclusion, je dirais que Grévin est à voir au moins une fois. Et si vous pouvez y aller pendant la période d’Halloween, c’est encore mieux. Des animations sont organisées dans le musée et vous pouvez vous y rendre déguisés.

Ah, et anecdote amusante : il est arrivé plusieurs fois au cours de l’histoire de Grévin que des statues soient kidnappées et maltraitées. La dernière attaque en date remonte à 2014, une Femen avait décapité la statue de Poutine.

Il est amusant également d’entendre le personnel de Grévin s’entretenir des « pensionnaires » du musée. Ils en parlent comme de vraies personnes auxquelles il faut prêter attention. Personnellement, je n’ai aucun mal à imaginer tout ce petit monde s’animer durant la nuit, déambuler dans les salles et se rendre mutuellement visite… Voilà qui donne des idées pour une histoire fantastique. }:D

Et vous, avez-vous déjà visité ce Musée ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous envie d’y aller ou d’y retourner ?

Chris

PS : Un conseil, réservez votre billet pour éviter l’attente aux caisses du Musée.

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