Les 4 raisons pour un•e auteur•trice professionnel•le (ou désirant le devenir) d’écrire de la fanfiction

Régulièrement, j’entends ou je lis les mêmes critiques à propos de l’écriture de fanfictions :

– Je ne comprends pas cette profusion de fanfictions sur internet. Pourquoi perdre du temps à écrire sur un univers qui n’est pas à soi au lieu d’inventer son propre monde et ses propres personnages ?

– C’est vrai ça, c’est un tue-l’imagination ! Et puis ça ne sert à rien d’écrire sur la base d’un univers déjà existant, tu ne peux jamais te faire publier.

Sur ce dernier point, je passerai sur l’histoire désormais célèbre de Fifty Shades of Grey, qui était à l’origine une fanfiction de Twilight réécrite pour être éditée, et qui n’est qu’un exemple parmi d’autres de fanfictions ayant attiré l’œil d’une maison d’édition (certes le phénomène n’est pas courant, mais il arrive bel et bien qu’il se produise). En revanche, en tant qu’auteur occasionnel de fanfictions, j’aimerais réagir sur les autres reproches faits à cette pratique.

À vous donc, ses détracteurs et détractrices qui ne parvenez sincèrement pas à en comprendre l’intérêt pour un•e auteur•trice, et aussi à vous, simples curieuxes qui passez par là, je vais donc tâcher d’expliquer en quoi est-il profitable pour un•e auteur•trice professionnel•le, ou désirant le devenir, d’écrire de la fanfiction.

Mais avant, commençons par définir ce qu’est une fanfiction pour celleux qui croiseraient ce mot pour la première fois.

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Il suffit de le décomposer pour s’apercevoir qu’il s’agit d’un mot-valise contenant les mots fan et fiction. Une FANfiction n’est donc ni plus ni moins qu’une fiction écrite par un•e / des fan(s) d’une œuvre s’inspirant fortement de celle-ci ou réutilisant l’univers, les personnages ou d’autres éléments de l’œuvre de base. Il peut s’agir d’un film, d’une série télévisée ou d’un livre, mais les fanfictions peuvent aussi s’écrire autour de célébrités. Dans ce dernier cas, les fans d’un•e artiste – prenons au hasard Justin Bieber – élaborent un récit dans lequel iels mettent en scène sa vie quotidienne, voire se mettent en scène elleux-mêmes interagissant avec la star. Certain•e•s fans écrivent même sur leurs youtubers•seuses préféré•e•s et leur prêtent des liaisons amoureuses tantôt romantiques avec fleurs, chocolats et bisous trop mignons, et tantôt hardcores, parfois jusqu’à la pornographie. Et quand les célébrités concernées tombent sur les fanfictions dont elles sont héroïnes malgré elles, c’est souvent très drôle (Mathieu Sommet en parle avec humour dans cette vidéo : Mathieu Sommet et les fanfictions).

Vous l’avez compris, le monde des fanfictions est vaste et il y en a pour tous les goûts et de toutes les qualités. Il existe de très bonnes fanfictions comme des navets brouillons et dégoulinant de niaiseries sans aucun intérêt – pour lae lecteur•trice, car pour l’auteur•trice, l’écriture d’une fanfiction revête toujours un intérêt, ne serait-ce que celui du plaisir. C’est d’ailleurs cette émotion qui domine majoritairement tous les aspects de l’écriture de fanfiction : plaisir de prolonger son univers préféré, plaisir de partager sa vision de l’œuvre avec d’autres fans, plaisir de développer son imagination, plaisir de créer sans contrainte ou avec des contraintes moins importantes que celles présidant à la création d’un univers original, plaisir de trouver ses premiers lecteurs•trices et de recevoir ses premières critiques, plaisir de constater que plus on est écrit, mieux on écrit

Je passe les deux premiers intérêts que constituent le plaisir de prolonger son univers préféré et celui de partager avec d’autres fans sa propre vision de l’œuvre, qui sont des intérêts partagés aussi bien par l’auteur•trice n’écrivant que des fanfictions que par l’auteur•trice professionnel•le (ou ambitionnant de le devenir), pour plutôt me concentrer sur les raisons propres aux professionnel•le•s d’écrire de la fanfiction.

Vous êtes prêt•e•s ? Alors c’est parti !

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Raison n° 1 : Pour développer son imagination

Lorsqu’on écrit, a fortiori si l’on souhaite faire de la création de ses fictions son gagne-pain, mieux vaut être doté•e d’une solide imagination ! Dans ce domaine comme dans tous les autres, certaines personnes partent plus avantagées que d’autres, et dans ce domaine comme dans tous les autres, il est possible de progresser. J’ai beaucoup plus d’imagination maintenant que lorsque j’étais enfant. Est-ce parce que j’avais déjà développé des aptitudes à la création de mondes imaginaires ? Cela a sans doute un peu joué, mais cette imagination, je ne pense pas être né avec. Elle m’est venue à mesure que mes jeux d’enfant, enrichis de mes lectures diverses et du visionnage de mes histoires animées préférées, s’élaboraient en solitaire ou en partenariat avec des camarades, de plus en plus complexes. Puis, à l’adolescence et à l’âge adulte, elle est restée car j’ai continué à la faire travailler en faisant fi des normes sociales qui incitent les individus à museler leur part de fantaisie par peur des jugements. Un adulte passant son temps à rêvasser à des histoires de dragons, de vampires et de magiciens, ce n’est pas vraiment la première image que l’on se fait d’un « adulte responsable ». Résultat : en cherchant à ne pas dépareiller avec nos semblables, en cherchant à nous fondre dans la masse, nous perdons notre essence propre, ce qui fait notre individualité : notre créativité. Nous ne rêvons plus qu’en noir et blanc à des choses matérielles : gagner plus d’argent, s’offrir telle voiture, tel smartophone, tel ordinateur, et nous n’osons plus rêver en couleurs comme le font les enfants (tiens, cela me rappelle une chanson ! Tu t’envoles ! [Peter Pan de Disney] de Disney).  Or, que sont les écrivain•e•s (et les artistes de façon générale) sinon des adultes qui ont su conserver la fantaisie de leur enfance et qui la cultivent, et qui n’ont pas peur de revendiquer les créations qui en naissent comme caractérisant leur singularité ?

Imagination
Imagination. Allégorie par Bob l’Éponge.

Je suis convaincu qu’il n’est jamais trop tard pour développer son imagination. L’Art (avec un grand A : peinture, musique, littérature, cinéma,théâtre…), et les expériences de la vie, seront vos meilleurs allié•e•s dans cette entreprise. Plus vous engrangez de connaissances sur des sujets divers, plus vous expérimentez de choses dans vos relations familiales, sociales, sentimentales ou dans votre vie professionnelle, plus cela vous donne de la matière pour écrire. Quel rapport avec les fanfictions me direz-vous ? J’y viens.

L’un des avantages des fanfictions, c’est qu’elles offrent à l’auteur•trice un cadre préétabli dans lequel inscrire son histoire, et donc son imagination. Mais aussi travaillé que soit un univers, il existe toujours des vides et des lacunes que notre créativité excitée de Super Fan se fait un plaisir de combler. En effet, l’un des grands plaisirs de la pratique consiste à développer des aspects du récit dont l’œuvre originale ne dit rien du tout ou presque rien. C’est précisément ce qui me plaît tant dans l’écriture du Procès Malefoy. La saga Harry Potter ne livrant des Malefoy qu’un portrait général un peu grossier (en résumé : des aristocrates british qui vivent dans un manoir et qui sont de gros racistes, adeptes d’une idéologie arriérée selon laquelle les sorciers•ses de Sang Pur seraient supérieur•e•s à toutes les autres créatures), j’ai toute liberté pour broder sur la base de ces éléments en y greffant des idées de ma propre imagination.

Mais si j’ai choisi d’écrire sur les Malefoy, c’est aussi parce qu’ils me permettent, au-delà de leurs propres personnages, de développer le petit cercle des Mangemorts et le personnage de Voldemort ainsi que les questions ésotériques omniprésentes dans la saga de Rowling et pourtant à peine effleurées.

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Arrivée des fantômes dans la grande salle de Poudlard. Crédit : Harry Potter à l’école des sorciers.

Qui lit Harry Potter remarque en effet que l’œuvre est marquée en profondeur par l’idée de la Mort. La saga commence d’ailleurs par le double assassinat des parents de Harry qui va impacter toute sa destinée bien au-delà de tout ce qu’il imaginait. De nombreux autres personnages disparaissent à mesure que les livres s’assombrissent et certaines pertes sont difficiles à encaisser, surtout pour les jeunes lecteurs•trices. Et c’est encore pire quand on apprend que ces personnages, comme tous les sorciers après leur mort, peuvent choisir de « faire demi-tour » et de revenir sur Terre sous forme de fantômes et qu’ils ne le font pas, choisissant de continuer dans l’Au-Delà. Double frustration donc : ouin ouin, on ne les reverra pas, et la grande (et éternelle) question : mais où vont-ils donc ? Et que deviennent-ils ? Qui a-t-il après la mort dans le monde de Harry Potter ? Est-ce que Rowling imagine une sorte de Paradis ? Ou alors pense-t-elle que les âmes qui continuent se réincarnent (dans ce cas, comment certains morts peuvent-ils apparaître à Harry avant sa confrontation avec Voldemort dans la Forêt Interdite ) ? Tout cela, elle ne nous le dira jamais. Je suppose que chaque lecteur•trice se fait sa propre idée selon ses croyances et sa lecture globale de l’œuvre, et vous savez quoi ? Les choses sont très bien ainsi. Laissons à chacun•e sa propre interprétation. C’est précisément ce qui est génial avec les fanfictions : elles servent de terreau à l’imagination en lui fournissant un cadre bien défini dans lequel s’épanouir, mais dont elle peut aussi s’affranchir à tout moment pour se mettre à voler de ses propres ailes.

Combien d’auteur•e•s débutent une fanfiction qu’iels transforment peu à peu en un roman entièrement original, qui n’a plus rien à voir avec le texte (et l’univers) de départ ? Je suis trop mauvais en maths pour établir des statistiques, mais parmi mes collègues écrivain•e•s, iels sont nombreuxes à écrire (ou à avoir écrit et publié) un roman « né d’une fanfiction ». À votre avis, pourquoi ? Parce que l’écriture de fanfictions, en les motivant pour écrire et en les faisant écrire sur une base qui ne leur appartenait pas, leur a permis d’explorer de nouvelles idées. C’est parce que je m’interrogeais sur la question de l’Au-Delà dans Harry Potter que j’ai commencé à m’intéresser à la spiritualité, au spiritisme et même aux religions (car elles imaginent l’Au-Delà). Sans cela, je ne me serais peut-être jamais penché sur ces trois domaines et j’aurais non seulement raté beaucoup de connaissances passionnantes, mais aussi l’opportunité d’en enrichir mon imagination.

Écrire une fanfiction est donc un moyen idéal de développer son imagination naturellement, presque sans effort. L’univers servant de décor à l’histoire peut fournir le cadre propice à son développement, mais l’auteur•trice peut aussi décider de s’en affranchir pour créer un récit totalement différent du canon. Carte blanche donc ! Or, rien ne sied mieux à l’imagination que la liberté, et en premier lieu, la liberté de s’imposer des contraintes d’écriture (comme le respect de l’œuvre originale) ou de se laisser totalement aller à sa fantaisie.

Raison n° 2 : Pour créer (presque) sans contraintes

« Parfois, il arrive que la contrainte délivre.» Cette phrase, je l’ai répétée des dizaines de fois aux participant•e•s de mes ateliers d’écriture et à la fin, même les plus sceptiques en avaient saisi l’essence véridique. Pour l’auteur•trice exerçant sans filet, parfois rien n’est plus effrayant qu’une page blanche ouvrant sur tous les possibles. L’infinité de choix peut paralyser, car choisir c’est renoncer. La fanfiction nous libère de cette peur en nous épargnant nombre de choix puisque lae créateur•trice de l’univers les aura déjà faits pour nous. Cela nous permet de nous concentrer sur d’autres aspects du récit, ceux que nous souhaitons développer. Mais, confort suprême, nous pouvons aussi choisir de passer outre un choix de l’auteur•trice original•e pour s’approprier encore plus parfaitement son univers (mentalement j’entends, pas commercialement ou juridiquement évidemment, sinon cela s’appelle du plagiat ou vol du contenu d’une œuvre relevant de la propriété intellectuelle, et c’est vraiment très laid). Des fanfictions Harry Potter peuvent par exemple exploiter les idées suivantes, qui modifient toute ou partie de l’œuvre de Rowling :

Et si c’était Neville et non Harry que Voldemort avait choisir de voir comme son rival ?

Et si Harry avait su tirer avantage des leçons d’occlumancie de Rogue ?

Et si Voldemort avait gagné la guerre ?

On peut tout imaginer, on peut tout écrire (même les fameux Drarry, ces couples Harry / Drago, si chers à Mx Cordélia et impensables dans l’œuvre d’origine). Et cette liberté, croyez-moi que vous l’appréciez quand vous sortez d’une cession de travail intense sur l’une de vos histoires originales qui, étant créée par vous de toutes pièces, nécessite une réflexion et un travail phénoménaux en amont et pendant l’écriture pour déboucher sur quelque chose de cohérent, fluide et captivant pour quelqu’un d’autre que votre meilleur•e ami•e qui aime toujours tout ce que vous faites, qu’importe le résultat.

Pour moi, la fanfiction est clairement une activité récréative qui me détend et m’apporte une bouffée d’oxygène après une cession d’écriture sur mes propres écrits. Si je culpabilisais au début de laisser ces derniers de côté pour avancer Le Procès Malefoy, j’ai vite appris à cesser cette auto-flagellation pour apprécier pleinement le temps passé en compagnie de Lucius, Abraxas, Narcissa et Drago. J’accepte aussi d’avoir parfois envie d’écrire, mais pas mon roman car je n’ai pas toujours l’énergie de me replonger dans une histoire dont l’originalité (créer un univers a toujours quelque chose de grisant) fait aussi mon labeur.

Alice in wonderland
Auteur•trice ayant à faire un choix pour la suite de son histoire, et qui ne sait que choisir ni à quoi renoncer, allégorie. Crédit : Alice in Wonderland (Disney).

Même si j’avais déjà réponses à beaucoup de questions sur mon univers avant d’en commencer l’écriture, de nouvelles surgissent à mesure que j’avance sur la magie, la relation de certaines factions de personnages entre elles, la résistance de telle ou telle créature dans une situation donnée, et j’en passe. Chaque nouvelle question en soulève au moins dix autres qui impactent parfois ce que j’avais déjà arrêté par ailleurs. Par exemple en décidant que mes vampyres sont des êtres vivants, je les ai rendus plus crédibles et je leur ai ajouté une faiblesse supplémentaire qui créé plus de tensions dramatiques dans le roman puisqu’iels sont autant susceptibles que tous les autres personnages de mourir, mais je me suis du même coup privé des ressorts scénaristiques intéressants qu’auraient pu apporter une quasi invincibilité des vampyres, et de scènes stylées à écrire avec des buveurs de sang démembrés et étêtés qui continuent à se traîner jusqu’à leur bourreau par la seule force de leur désir de vengeance. Voilà pour l’aperçu du genre de dilemme qui peut agiter l’esprit d’un•e auteur•trice. Alors que si vous prenez l’écriture de ma fanfiction en comparaison, les choses coulent d’elles-mêmes : l’univers de Rowling est déjà construit, je n’ai qu’à suivre ce qui existe déjà. Quant aux quelques personnages que j’invente comme Jack, le jurismagis chargé de la défense des Malefoy, ils sont assez secondaires pour que leur construction et leur intégration au récit ne me prennent pas longtemps. Je n’ai alors plus qu’à me concentrer sur l’essentiel, à savoir ici les interrogations autour de l’Au-delà et de ses habitants.

Raison n° 3 : Pour exercer son style et se confronter à d’autres sujets et thèmes d’écriture que ceux vers lesquels on tend naturellement

Écrire des fanfictions permet aussi de sortir de notre zone de confort en nous faisant réfléchir à des thématiques différentes de celles auxquelles nous sommes confronté•e•s dans notre vie de tous les jours en fonction de notre histoire et de nos intérêts personnels.

Phil, le héros de mon roman de fantaisie urbaine : Les Ombres de Rome, est un avocat gay et féministe engagé, passionné et altruiste. Cerner son personnage ne me pose donc pas de difficulté particulière puisque c’est un profil que je connais bien, étant moi-même un ancien juriste militant LGBT+ et féministe. Mais comment appréhender un personnage raciste, violent et strict comme Lucius Malefoy dont je ne partage aucune valeur ? Ce n’est pas du tout le genre de personnage que j’aurais créé naturellement et encore moins celui que j’aurais naturellement élevé au rang de héros d’une histoire. Et pourtant, il mérite que les projecteurs se braquent sur lui, que les lecteurs•trices le voient sous un jour plus intime et qu’iels tentent de le comprendre, même si iels ne parviennent pas à approuver ses actes et opinions. J’aime ce que le personnage de Lucius a à dire de l’âme humaine, de sa lâcheté, de sa noirceur, mais aussi de la lumière parfois cachée au coeur de ses ténèbres, et j’aime la manière dont il m’amène à relativiser mes positions pour m’ouvrir à une meilleure écoute de celles des autres. Même si je n’approuve pas ce qu’iels pensent, je comprends de mieux en mieux pourquoi et comment certain•e•s de nos compatriotes en arrivent à faire preuve d’un racisme crasse, parfois inconsciemment. En travaillant le personnage de Lucius, je prête plus d’attention aux discours autour de l’immigration, de l’intégration des étrangers•ères et de toutes les minorités flagellées (comme la communauté juive), et j’arrive peu à peu à percer la logique de celleux qui les tiennent. Cela me profite ainsi doublement : en tant qu’auteur tout d’abord, car cela enrichit la psychologie de mon héros, et humainement ensuite, car cela m’apprend à écouter et à essayer de comprendre même les discours qui ne me plaisent pas. Je n’ai aucune illusion sur le fait d’arriver à faire changer les personnes pour les ranger à mon opinion, et ce n’est de toute façon pas mon but à court terme, mais j’espère toujours que le dialogue et la (tentative de) compréhension amorcent une évolution de leurs idées.

Au-delà des nouvelles thématiques à explorer, la fanfiction peut aussi constituer un bac à sable idéal pour l’écrivain•e qui souhaite affûter ses armes. Narration à la deuxième personne du singulier, écriture au présent, histoire à dix points de vue… On peut profiter au maximum de la latitude qu’elle nous offre pour tout essayer. Et si on se loupe, ce n’est pas trop grave puisqu’il s’agit d’une histoire qu’on ne pourra jamais faire éditer telle quelle. Attention cependant, il va de soi que si vous la donnez à lire en la postant sur le net, il faudra tout de même en prendre autant soin que de l’une de vos propres créations originales par respect pour vos lecteurs•trices /!\ . Ce n’est pas parce que l’auteur•trice se sert d’une fanfic comme d’un crash test pour un projet personnel qu’iel peut se permettre tout et n’importe quoi. Cela pourrait d’ailleurs lae desservir car les fanfictions font en général une bonne tribune pour attirer ses premiers lecteurs•trices.

Raison n° 4 : pour trouver ses premiers lecteurs•trices et recevoir ses premières critiques

Voilà une chose à la fois plaisante et utile dans laquelle la fanfiction peut grandement aider un•e auteur•trice  : trouver – enfin ! – ses premiers lecteurs•trices et avec elleux, obtenir ses premiers retours sur son travail. Parce qu’une fanfiction, c’est un récit dans un univers déjà connu, mettant en scène des personnages qui sont la plupart du temps eux aussi déjà connus du public, l’auteur•trice a moins « d’efforts de séduction » à fournir pour inciter les gens à s’intéresser à son histoire. Ceux-ci vont généralement le faire d’eux-mêmes par goût de l’univers de fiction dans laquelle elle s’inscrit et par là-même, mâcher une grosse partie du boulot à l’auteur•trice dont le travail, une fois l’histoire écrite, consiste à donner aux gens l’envie de la lire. Or, chaque lecteur•trice gagné•e grâce à une fanfiction peut devenir à terme lecteur•trice de l’un de nos récits originaux. J’en ai eu la preuve avec Le Procès Malefoy. En effet, plusieurs personnes m’ont confié suite à leur lecture que cela leur avait donné envie de découvrir mon propre univers d’auteur, même si celui-ci n’avait a priori rien à voir avec le monde d’Harry Potter ni avec les goûts qu’elles pensaient avoir, et suivent à présent toutes mes actualités. M’auraient-elles lu si ma fanfiction ne leur avait pas permis de découvrir ma plume à travers un univers qu’elles connaissaient et qui les intéressait déjà ? Non, sans doute. D’où mon conseil pour les auteurs•trices de fanfictions, a fortiori s’iels sont des professionnel•le•s de l’écriture, de les soigner autant que leurs histoires originales. De toute façon, si vous faites n’importe quoi, les commentaires négatifs (si commentaires il y a) ne tarderont pas à tomber et il ne faudra pas vous en outrer.

Shakespeare
L’écriture, un art d’efforts et de désespérance. Source : vaste blague.

Rien n’est plus précieux pour un•e auteur•trice, même si ce n’est parfois pas une partie de plaisir (si vous êtes vous-même jeune auteur•trice, je vous invite à lire l’article Apprends à accepter la critique de Julien Hirt pour savoir comment gérer les critiques négatives) que de  recevoir ses premières critiques. Qu’elles soient enthousiastes, admiratives, passionnées ou assassines !

Bien sûr, personne n’aime voir ses précieux personnages, ses longues heures de travail, tous ces mots pour lesquels nous avons sué tout le sang et toute l’eau de notre corps, conspués par les lecteurs•trices, surtout de celleux qui n’écrivent pas. Et pourtant, ce sont là nos plus précieux retours pour nous améliorer en écriture, surtout si nous prétendons pratiquer l’écriture à un niveau professionnel ! Nous écrivons autant pour les lecteurs•trices que pour nous, et quand quelqu’un prend la peine de nous laisser un commentaire construit, qu’importe sa teneur, il faut l’apprécier comme il se doit et en tirer tous les enseignements possibles (positifs comme négatifs d’ailleurs). L’écriture de fanfiction peut ainsi être une excellente manière de tester ce qui fonctionne ou pas dans votre style en utilisant des personnages qui auront un impact émotionnel moins fort sur vous que ceux de vos propres histoires, puisqu’il ne s’agira pas des vôtres. Si quelqu’un me disait qu’il n’apprécie pas la façon dont je construis Lucius, cela me décevrait nettement moins que si l’on disait la même chose de l’un des personnages de mon roman. J’aurais l’impression d’avoir raté quelque chose, alors que pour la fanfiction, j’aurais plutôt tendance à analyser cela comme une divergeance d’interprétation de l’oeuvre originale selon ce que me repprochera le commentaire.

Où lire des fanfictions ?

Voici les sites de fanfictions les plus connus. Vous pourrez y chercher votre bonheur en affinant les recherches par œuvre de base, personnages, langues, genres littéraires (fantastique, romance, horreur, etc.)…

En plus de fanfictions, les sites suivants proposent de découvrir des histoires originales de jeunes auteur•e•s pas encore connu•e•s ou édité•e•s.

  • L’Allée des Conteurs, un site proposant des lectures de qualité et un forum chaleureux sur lequel les auteurs•trices peuvent discuter écriture et techniques, mais aussi de modes d’édition, de salons littéraires, de dédicaces… Bref, de tout ce qui rythme une vie d’écrivain•e.
  • Wattpad a la réputation d’un site pour adolescent•e•s aspirant•e•s auteur•e•s, mais il est très fréquenté et des écrits de qualité se cachent parmi la masse plus médiocre.

Et vous, est-ce que vous lisez et/ou écrivez des fanfictions ?

Merci pour votre attention et @ bientôt quelque part !

Chris

PS : Pour celleux d’entre vous qui voudraient lire ma propre fanfiction : Le Procès Malefoy (inspirée par la saga Harry Potter), cliquez sur l’image ci-dessous :

Le Procès Malefoy fanfiction Chris Bellabas

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9 commentaires sur “Les 4 raisons pour un•e auteur•trice professionnel•le (ou désirant le devenir) d’écrire de la fanfiction

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  1. J’attends ton article avec intérêt et curiosité ! Tu as choisi quel angle d’approche ? Je comprends que tout le monde n’aime pas lire ou pratiquer de fanfictions, mais je pense qu’il ne faut pas sous estimer ce qu’elles apportent. Plus on sera nombreuxes à en parler, mieux ce sera.

    Comme toi, je suis resté pendant très longtemps aussi sur HP (j’ai dû commencer aussi vers 15 ans, via les forums RPG). Puis j’ai aussi fait du fandom Narnia (mélangé avec HP). Aujourd’hui je suis toujours dans le fandom HP (Le Procès Malefoy est ma seule fanfic hors forum RPG, je n’avais jamais écrit de fanfic en solo avant elle), mais je me tâte à me lancer dans une fanfiction Jurassic Park à l’avenir. Je suis un grand fan de dinos 😀

    Je ne suis plus sur Wattpad pour publier, le site ne me convenait pas. Mais je veux bien aller t’y lire si tu l’acceptes.

    @ bientôt ici ou là sur le net !

    Chris

    J'aime

  2. Salut 🙂 Je découvre ton blog grâce à cet article dont le titre a aiguillé ma curiosité …
    Je suis déjà acquise à la cause des fanfictions depuis fort fort longtmps 😉 (fandom HP aussi, entre autre) et je suis totalement d’accord avec ton article.
    Je n’avais pas spécialement pensé que le lectorat d’une fanfic pouvait devenir un « lectorat original » et c’est par ailleurs une très bonne nouvelle 🙂
    Comme tu en parles dans cet article, et comme je m’en suis rendue compte récemment, les fanfictions sont de véritables exercices pour développer sa propre histoire… ce qui est bien moins stressant que de « partir de zero » .

    Alors j’ai un million de choses à dire mais je ne peux pas m’étendre ce le sujet, là tout de suite, à 23h54… je voulais quand même laisser une petite trace de mon passage ! ça fait tellement plaisir de voir le sujet traité avec sérieux par d’autres (apprentis)auteur-(e)s sur la toile !!
    Merci pour cet article et à bientôt 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Bienvenue sur ces pages, Nox ! (Si tu es team HP toi aussi, ai-je raison de penser que ton pseudo vient de la saga ? 😉 ). Merci pour avoir pris le temps de me lire et de laisser ce sympathique commentaire. Cela me fait vraiment plaisir !

      Je suis ravi également de croiser une aficionados de la fanfic, et qui a pu vérifier par elle-même la plupart des points positifs que je cite. Souvent, on ne s’imagine pas tout ce que cette pratique peut apporter avant de s’y confronter. Je n’aurais jamais cru non plus que le fait d’écrire une fanfiction sur Lucius Malefoy permettrait à des gens de s’intéresser à mes propres histoires !

      Depuis combien de temps écris-tu des fanfictions ? Dans quels autres univers que Harry Potter écris-tu ? Où peut-on te lire ? (houlà, je ne te braque pas une lampe dans la figure mais à lire cet enchaînement de questions, on pourrait l’imaginer).

      Au plaisir de te lire,

      Chris

      Aimé par 1 personne

      1. Salut 🙂
        Oui mon pseudo vient en partie de cette saga, tout à fait 😀
        Je te remercie pour tes réponses et pour ton intérêt 🙂 Ca fait beaucoup de questions mais ça tombe bien…. j’ADORE parler de fanfictions.
        D’ailleurs j’ai préparé un article il y a une éternité, il faudrait que je me décide à le publier ^^
        J’ai commencé à l’âge de 15 ans, un peu après le début de l’engouement général et autour de la sortie du 5eme tome de HP. Pendant très longtemps j’étais exclusivement sur le fandom HP.
        C’est depuis que je m’y suis remise en étant « vieille » que je découvre avec plaisir d’autres fandom ! Des choses assez variées et basée sur tout ce que je lis ou que je regarde : Walking Dead, PercyJackson, The100, le MCU, …. (!!) ….
        J’ai beaucoup de textes dans mes cahiers ou dans ma tête mais peu véritablement en ligne…. (se confronter au regard des autres tout ça tout ça )
        Suis sur Wattpad, et toi ?
        Mêmes questions : tu écris sur d’autres fandoms ?

        A bientôt,
        Nox

        Aimé par 1 personne

  3. Ce fut un article enrichissant. J’ai apprécié de découvrir un autre point de vue, et je me demandais d’ailleurs quand cet article allait arriver ! (oui, faut pas faire des promesses à son lectorat qu’on ne compte pas tenir ! xD)

    En réalité, j’ai du mal à me reconnaître dans tout ça, sans doute parce que je vois toujours l’exercice de la fanfiction comme tel : un exercice, rien de plus. La dystopie qui me sert d’exutoire est basée sur notre monde, alors par rapport à mon univers vesmirien, elle me repose. Je suis assez masochiste pour m’obliger à sortir de ma zone de confort sans l’aide d’un univers existant (visiblement, j’aime être mal à l’aise !). Et je n’avais même jamais pensé qu’écrire de la fanfiction m’aiderait à trouver un lectorat (faudra que je me penche sur la question !).

    Pour ce qui est de l’imagination, c’est un sujet trop long pour m’étendre là-dessus. Autrement, je risque de faire de la concurrence déloyale à ton article (xD). Dans tous les cas, j’ai beau réfléchir à des univers que j’aime beaucoup, aucune envie n’y trouve racine. J’envisage et ma créativité reste « meh! ».

    Pourtant, j’ai déjà rédigé trois fanfictions… (qui ont chacune moins de 1000 mots ! – Oui ! Rien d’impressionnant ! u.u) Et, basées sur des œuvres qui n’ont pas encore été publiées ! (la fille qui a rien compris ! xD) Je crois que ça a cliqué dans ce cas précis, parce que j’avais combiné l’exercice avec un défi de mots à placer.

    De cette manière, ça me convient. Rédiger une scène, en 2h max, avec un cadre bien défini jusqu’à l’intégration de mots choisis à ma place, et avec très peu de réécriture. C’est un format qui me correspond mieux, bien que je reste admirative de personnes comme toi, capables d’écrire une fanfiction de la taille d’un roman, voire d’une saga. C’est tout bonnement impressionnant ! Je ne pense pas en être capable… u.u

    En fait, je crois que mon problème avec les règles et l’autorité est tel qu’il influence même ma façon d’écrire ! xD

    Aimé par 1 personne

    1. Sur les blogs il n’y a pas de concurrence, juste de l’enrichissement mutuel 😉 Et désolé pour le petit délai de sortie de l’article, il était initialement prévu pour le 6 mais je l’avais repoussé et mon cerveau était resté sur la date du 6 xD

      Merci pour ta lecture ! Je suis quant à moi admiratif des personnes comme toi, qui ont le sens de la concision 😉 Une fanfiction écrite en 2 heures ? Le rêve ! Mais mon cerveau s’emballe toujours.

      À quand le prochain drabble ? 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Concise, concise… c’est vite dit ! Quand on voit mes posts et autres… c’est pas le premier mot qui me vient en tête ! xD

        Oui, mais 2h pour inventer et rédiger un récit qui fait moins de 1000 mots, c’est de l’ordre du faisable… D’ailleurs, je m’en vais de ce pas. Un appel s’est fait au fond de mon cerveau à l’évocation des mots icône, folie et violet. u.u
        La fille qui dit qu’elle est pas très fanfiction et qui va en écrire une autre ! xD

        Quoi qu’il en soit, je n’oublie pas ton drabble à propos de créatures disparues ! J’ai un premier jet qui marine un peu… ^^

        Aimé par 1 personne

        1. Va où les muses te le demandent, mieux vaut ne pas les contrarier 😉

          Héhé, hâte de le lire ce drabble ! Quand je parle de concision tu vois je pense à ce type d’exercice dans lequel tu t’en sors bien ! Alors que moi, même en y passant des heures, le résultat ne serait pas aussi intéressant. Comme quoi, à chacun• ses forces =)

          Aimé par 1 personne

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