Jurassic Park : comparaison entre le roman de M. Crichton et son adaptation par S. Spielberg, jour 4 : Puntarenas

Désolé, chers et chères lecteurs et lectrices, le jour d’hier a sauté pour cause de migraine, ce sont des choses qui arrivent.

J’espère que vous êtes prêt•e•s pour la poursuite de notre immersion en pays dinosauresque, car nous allons attaquer une série de chapitres qui ne figurent pas dans le film Jurassic Park de Steven Spielberg.

Retrouvez les commentaires des précédents jours / chapitres ici :

Jour 1
Jour 2
Jour 3

⚠️ Attention, les articles contiennent tous des spoilers sur des éléments du livre non portés à l’écran.

Bonne lecture !

Puntarenas

Dans ce chapitre du roman de Michaël Crichton, nous retrouvons Tina et ses parents. Suite à la morsure du prétendu lézard, le bras de Tina a atrocement gonflé, formant un œdème qui finit par gagner son cou et lui causer des difficultés respiratoires. Ils parviennent finalement jusqu’à l’hôpital de Puntarenas où le Dr Cruz et son équipe prennent en charge la fillette.

La première chose qui m’a frappé à la lecture de ce chapitre réside dans les effets de la morsure du dinosaure, qui s’apparentent à ceux d’une morsure venimeuse ou à ceux d’une réaction allergique. Nous apprendrons plus tard dans le chapitre qu’il s’agit d’une réaction allergique, néanmoins le détail de la « salive gluante » de l’animal m’a interloqué, car il se rapproche de celui de la morsure du raptor du prologue qui mentionnait une « mousse écumeuse et visqueuse ». Doit-on en déduire que toutes les créatures d’InGen possèdent cette caractéristique ? Les chapitres suivants nous fourniront certainement la réponse.

En attendant, nous apprenons que le Dr Cruz est parvenu à stabiliser l’état de Tina et à la tirer d’affaire avant de convier un collègue spécialiste, le Dr Guitierrez, à venir identifier l’animal.

En entendant les parents lui décrire la scène de l’attaque telle que leur fille la leur a racontée, et d’après un dessin qu’elle a réalisé de la bête, le Dr Guitierrez identifie le fameux « lézard » comme un Basiliscus amoratus (inutile d’ouvrir votre moteur de recherches préféré pour le chercher, j’ai vérifié, ce lézard a été inventé par M. Crichton). Il note toutefois que la représentation que Tina en a faite présente quelques erreurs qu’il énumère aux parents. Ainsi « le cou est beaucoup trop long et elle n’a dessiné que trois doigts aux pattes de derrière qui en ont cinq. La queue est trop épaisse et elle ne devrait pas être dressée. A part cela, c’est un spécimen tout à fait ressemblant de l’espèce qui nous intéresse. »

La mère rappelle que Tina a bien précisé que le cou était long et qu’elle avait également affirmé que le lézard ne possédait que trois doigts aux postérieurs. Le père rajoute que leur fille est très observatrice. Mais le Dr Guitierrez reste sur sa position : le coupable est bien un Basiliscus amoratus. D’ailleurs, les attaques de lézard ne sont pas si rares, elles se multiplient en ce moment sur la côte. Le Dr Guitierrez rapporte le cas d’un bébé mordu dans son couffin.

Quand le bruit se répand dans l’hôpital que le docteur a identifié l’animal mordeur comme un « inoffensif basilic » (pour moi, une bestiole mordeuse n’est certainement pas inoffensive, mais passons), les techniciens interrompent les analyses de la salive prélevée sur le bras de Tina malgré « un premier fractionnement qui révélait la présence de plusieurs protéines ayant un poids moléculaire très élevé et une activité biologique anormale. »

À ce stade, je ne peux rien affirmer, mais il me semble que les effets étranges des morsures des dinosaures s’expliquent donc bien par leur conception en laboratoire et non par leur nature, mais ce point devrait s’éclaircir dans les prochains chapitres.

Le lendemain, Tina s’est rétablie et en remerciant le Dr Cruz de l’avoir sauvée, elle lui fait remarquer qu’il a changé de chemise pendant son service. Sa mère rappelle que son mari avait bien dit que leur fille était observatrice. Constatant cette réalité, le Dr Cruz demande alors à la fillette si elle se souvient du lézard qui l’a mordue. Elle répond par l’affirmative et il se fait préciser le nombre de doigts qu’il possédait aux « pieds ».

« Trois.

– Comment peux-tu en être sûre ?

– Parce que j’ai regardé, répondit Tina. De toute façon, toutes les empreintes des oiseaux sur le sable avaient trois doigts […]. Et celles du lézard aussi. […] Et il marchait comme un oiseau, en remuant la tête.

Elle fit quelques pas en levant et en baissant alternativement la tête.»

Le Dr Cruz rapporte ensuite cet échange au Dr Guitierrez qui n’est soudain plus si sûr que l’animal soit bien un Basiliscus amoratus. Il demande au Dr Cruz de le tenir informé si d’autres cas de morsures se présentaient.

Ce chapitre, comme les précédents, démontre qu’à l’époque de l’écriture de Jurassic Park (paru en 1990), les paléontologues avaient déjà clairement établi le lien entre les dinosaures et les oiseaux alors qu’auparavant, la doxa les apparentait plutôt aux reptiles (suscitant entre autres le débat inusable pendant des décennies sur le sang chaud ou le sang froid des dinosaures). D’ailleurs pour rappel, parce que je vois encore trop de personnes commettre cette confusion, les dinosaures ne sont pas des reptiles. Ce sont… tadadada, roulements de tambour… eh bien des dinosaures pardi ! Eh oui, il s’agit bien d’un clade spécifique, lui-même membre du clade des sauropsidés qui contient les reptiles et les oiseaux. Nous verrons que beaucoup de données scientifiques sur les dinosaures ont évolué depuis l’écriture de Jurassic Park, mais cette certitude demeure, elle, toujours inchangée 😉

À demain pour la suite de cette chronique comparée avec un autre chapitre qui ne figure pas dans le film !

Chris

2018-New-Papo-Dinosaur-Toy-figure-Compsognathus
Compsognathus vu par le fabricant de jouets Papo. Comme pour les autres modèles de la marque, l’inspiration Jurassic Park est frappante. Source.

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