Jurassic Park : comparaison entre le roman de M. Crichton et son adaptation par S. Spielberg, jour 2 : prologue

Au cas où vous l’auriez raté, vous pouvez retrouver le jour 1 ici.

⚠️ Attention, les articles contiennent tous des spoilers sur des éléments du livre non portés à l’écran.

L’heure a sonné pour la suite de notre balade à Jurassic Park ! Les chapitres sont courts et la passion aidant, j’ai tendance malgré la fatigue à les avaler comme les Rex de Steven Spielberg gobent des humains dans ses productions.

D’ailleurs, le titre du chapitre du jour, La morsure du raptor, est plutôt alléchant, non ? Nous avons vu hier que le livre débutait différemment du film, avec une scène nettement plus calme que la scène d’exposition de Spielberg. Le réalisateur choisit de montrer (sans toutefois le dévoiler) l’un des principaux monstres du récit tandis que Michaël Crichton joue sur le mystère (il faut dire que le cinéma et la littérature n’obéissent pas aux mêmes règles, mais il s’agit là encore d’un vaste sujet). L’un et l’autre ménagent leur suspens à leur manière, mais contrairement aux lecteurs•trices, les spectateurs•trices ont au moins la chance d’apercevoir un petit bout de dinosaure dès les premières minutes.

Après une introduction plutôt aride, Crichton nous offrira-t-il aussi ce plaisir dès son prologue ?

logo Jurassic Park
Logo de Jurassic Park. Source.

Prologue : La morsure du raptor

Dans ce prologue, nous vivons la scène à travers le point de vue de Roberta Carter, une médecin ayant choisir d’exercer deux mois à Bahia Anasco, un village de pêcheurs sur la côte Pacifique du Costa Rica. Roberta se demande si elle a bien fait d’accepter cette localisation au regard de la pluie tropicale qui tombe sans discontinuer depuis son arrivée, quand un hélicoptère portant l’inscription InGen Construction, « le nom de l’entreprise qui construisait un parc de loisir sur les îles voisines », se pose dans la tempête. Pour que l’appareil ait ainsi bravé la pluie diluvienne, il doit se passer quelque chose de grave. Et en effet, les personnes à bord de l’hélicoptère crient en direction de la clinique. Elles réclament un médecin. L’un des ouvriers travaillant à la construction du parc de loisirs est gravement blessé.

En écartant sa «chemise imbibée de sang, [Roberta] découvrit une plaie profonde à l’épaule, une longue déchirure dans les chairs, et une autre le long de la jambe.»

Parmi les trois hommes qui l’accompagnent, celui qui se présente comme Ed Régis indique que le blessé a eu un accident du travail : il se serait fait rouler dessus par une pelleteuse.

Ben voyons, ne pourra s’empêcher de penser lae lecteur•trice qui connaît déjà l’histoire de Jurassic Park et la signification du mot raptor.

Roberta n’est pas dupe non plus. Elle se rend compte rapidement que les blessures impressionnantes du jeune homme âgé de 18 ans à peine ressemblent beaucoup plus à des morsures qu’à une rencontre violente avec un engin de chantier. De plus, Roberta ne trouve aucune trace de terre au fond des blessures qui accréditerait cette hypothèse, et les plaies écument d’une sorte de mousse visqueuse en exhalant « une odeur fétide de pourriture et de mort .»

Roberta demande des précisions sur l’accident et elle est frappée par la nervosité du dénommé Ed Régis. De toute évidence, le bonhomme lui dissimule quelque chose. Il semble dépassé par les événements, mais elle sait qu’elle ne parviendra pas à lui en faire dire plus. Elle le fait sortir de la salle pour pouvoir soigner le blessé, et celui-ci reprend alors conscience et prononce juste quatre mots :

« Raptor… Lo sa raptor… »

Ni Roberta ni son assistant ne connaissent ce mot. Ce dernier pense cependant que le terme raptor constitue un autre mot pour hupia, une sorte de vampire qui enlève les enfants en bas âge selon les superstitions locales.

Sans surprise, le jeune homme succombe de ses blessures et ses camarades s’empressent d’évacuer sa dépouille vers l’hélicoptère.

Roberta, marquée par l’événement, y réfléchit encore durant le courant de la nuit et cherche le terme raptor dans son dictionnaire d’espagnol. Elle trouve « ravisseur, kidnappeur », puis plus tard, en ouvrant cette fois son dictionnaire d’anglais, elle lit : « Raptor : oiseau de proie ».

Ce prologue qui fait encore monter le suspens (imaginons que nous ne connaissions pas déjà l’histoire) et la tension a clairement inspiré à Spielberg sa scène d’exposition. Dans celle-ci, le transfert des vélociraptors dans leur enclos dégénère et l’un des raptors parvient à se saisir de l’un des employés et à le lacérer pendant que ses collègues essaient de le neutraliser à coup d’arme électrique.

Comme la mort de l’homme n’est pas montrée à l’écran (même si on peut aussi raisonnablement le penser décédé vu qu’il se fait quand même bouloter tout vif), il est facile d’imaginer que le prologue de Crichton constitue la suite logique de la scène d’exposition de Spielberg. Suite à l’attaque dont nous sommes les spectateurs•trices impuissant•e•s, tout comme les personnages qui ne parviennent pas à faire lâcher prise au raptor (illustrant ainsi dès les premières minutes du film l’un des thèmes phares de Jurassic Park : l’impuissance de l’être humain face aux forces de la nature), l’un des responsables du parc a pu embarquer le blessé dans un hélicoptère et foncer vers la clinique de Roberta hors caméra.

Le lien entre film et roman commence donc déjà à se dessiner.

Autre point intéressant du prologue : en glissant habilement dans son texte quelques indices sur la signification du mot raptor, l’auteur nous met sur la piste de la créature coupable de cet accident que n’importe quel fan de dinosaure aura tôt fait de démasquer. En effet, vélociraptor signifie « voleur rapide ».

Bon, en réalité les raptors de Jurassic Park sont des utharaptors (« voleurs de l’Utah », du nom de l’État américain dans lequel ils ont été découverts) ou des deinonychus (« griffes terribles ») , mais je vous réserve cette histoire pour un prochain article !

Le prochain chapitre nous verra entrer dans la première partie du roman et étonnement aussi dans la scène qui a inspiré la scène d’exposition de Jurassic Park : The Lost World.

jurassic-park logo movie
Affiche du film Jurassic Park de Steven Spielberg. Source.

Merci pour votre intérêt. Prenez soin de vous et à bientôt pour la suite de nos aventures préhistoriques !

Chris

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