Défi 30 jours d’écriture, jour 2 : lister trois choses que l’on aime dans son écriture

Hier, je devais vous raconter la vie d’une pomme. Pour ce deuxième jour du défi 30 jours d’écriture, Kea Ring nous demande cette fois de lister trois choses que l’on aime dans notre écriture.

L’exercice ne m’apparaît pas évident au premier abord. J’aime profondément écrire, l’acte est pour moi viscéral, mais quant à trouver quelque chose que j’apprécie spécifiquement dans ma pratique… Aucune idée ne me vient spontanément.

Ma première réaction à ce défi fut donc d’abord de me dire : « je vais devoir passer mon tour pour celui-ci, je n’aime rien en particulier dans mon écriture », mais j’avais l’impression de déposer les armes sans avoir combattu. J’ai donc usé de la stratégie que j’emploie habituellement lorsque je souhaite écrire mais que l’inspiration n’est pas au rendez-vous : je me suis calé devant mon bureau avec feuilles blanche et crayon, et j’ai commencé à écrire toutes les pensées qui me traversaient la tête.

La tentative s’engageait mal car mon cerveau a d’abord préféré dresser l’inventaire de tout ce qui manque à la maison et que je dois racheter (pâtée pour chats, litière, café…) plutôt que de se concentrer sur le sujet du défi. Puis à force de griffonnages, les idées ont fini par émerger et j’ai, à ma propre surprise, trouver des éléments que j’apprécie dans mon écriture (alléluia !).

Book imagination
Source : Abstracts wallpapers.

J’aime… mes personnages

Il s’agit d’une réalité si évidente que je ne me l’étais jamais encore consciemment formulée, et la foule en colère de mes personnages crient au scandale : ils sont pourtant ce que j’aime le plus dans mon écriture, ces personnages à qui je dois tant. J’aime leurs personnalités généreuses, avides, joyeuses, sadiques, inquiètes ou nonchalantes.

J’aime leurs contradictions qui les rendent tellement humains, leurs défauts qui en font des êtres tour à tour odieux et attachants, drôles, misérables, ridicules ou extrêmement énervants.

J’aime les passions qui les animent.

J’aime la façon dont chacun d’entre eux se lient ou s’opposent aux autres.

J’aime enfin tout ce que l’observation de leurs existences tumultueuses m’apprend sur moi et l’être humain en général. Ils me permettent de mieux appréhender le monde et les relations humaines en m’offrant leur place l’espace d’un moment, d’un paragraphe, d’un chapitre, de tout un roman.

J’aime l’évasion qu’ils m’apportent en me permettant de dépasser les barrières de ma propre chair, de sortir de ma peau en emmenant avec moi tous les gens qui acceptent de me lire.

Quand j’y réfléchis, le sang de mes personnages pulse au cœur de ma pratique de l’écriture. Ils constituent ma principale motivation. Si j’écris, c’est avant tout pour Eux. Pour leur donner le plaisir d’exister pour d’autres personnes que pour moi en leur offrant de s’incarner entre des lignes, quand ils ne décident pas unilatéralement de squatter mon corps en mode possession démoniaque.

En attendant d’avoir le plaisir de tous vous les faire connaître, je peux déjà vous proposer d’en rencontrer quelques-uns. Si Ned vous devient de plus en plus familier grâce à la série Le Chant de l’Horizon que je publie régulièrement sur ce blog, Phil Muti, le héros de mon roman d’urban-fantasy, s’était déjà présenté dans une brève interview il y a quelque temps et vous pouvez découvrir les vampyres Ricardo Uzzeni, Leon Einsenmann et Ruben Casarotti dans le prologue de ce même roman que vous trouverez en lecture gratuite ici.

Bonne entrevue en leur compagnie aux courageux•ses qui oseront se porter à leur rencontre !

J’aime… ma façon de décrire les scènes de tension

Les scènes de tension, celles qui précédent les nombreux combats que mes personnages mènent pour leur survie, font partie de celles que je préfère écrire autant pour les émotions qu’elles procurent aux lecteurs•trices que pour celles qu’elles me font vivre lors de leur rédaction.

Si l’art de l’écriture consiste à enfiler les mots de la façon la plus efficace possible, je trouve cette réalité encore plus vraie pour les scènes de tension où chaque phrase et chaque mot doit être travaillé et pesé pour susciter le suspens et la frayeur sans basculer dans le comique.

Je me souviens d’un texte que j’avais produit dans l’atelier d’écriture de la Sorbonne auquel je participais avec mes camarades de la promotion Buffon. Je ne sais plus à quelle consigne sa rédaction répondait, mais il y était question d’un serpent qui s’échappait de son vivarium et qui s’enroulait lentement autour du corps d’un bébé pendant que la mère dormait. Je me rappellerai toujours du silence de la salle et des frissons que j’ai ressenti en lisant mon texte, en provenance de mon propre corps et de ceux de mes auditeurs•trices. Maintenir un public captif constitue un plaisir de gourmet pour un•e auteur•trice.

L’animatrice du groupe et plusieurs de mes camarades m’ont par la suite confié que mes mots les avaient cloués. ( « Rassure-nous, le bébé s’en sort ? » ).

Raton laveur maléfique
A votre avis, qui l’auteur préfère-t-il faire triompher entre un bébé inutile et un reptile badass ? (spoiler : réponse dans le paragraphe juste en dessous). Source.

J’aime… ma façon de mettre en scène les animaux sauvages et les créatures féroces

Tout ce qui porte crocs, griffes, crochets venimeux et autres armes mortelles possède un charme fou à mes yeux. Mon adoration pour les créatures dangereuses, dragons, nâgas, manticores et autres léviathans se traduit par leur présence massive dans mes histoires et par les longues descriptions fascinées que j’en fais. Les années passent, mais le plaisir que j’éprouve à décrire des mâchoires garnies de dents longues et tranchantes comme des épées capables d’exercer une pression monstrueuse à chaque morsure reste intact !

Plus généralement, j’apprécie mettre en scène le règne animal, et il n’est donc pas rare que des animaux plus classiques mais tout aussi majestueux apparaissent dans ma prose. Lions, cerfs, meutes de hyènes affamées, machiavéliques félins et oiseaux philosophes émaillent ainsi les aventures de mes protagonistes, quand ils ne sont pas eux-mêmes les héros de mes histoires. Notre belle planète et les êtres qui la peuplent nourrissent par trop mon imagination pour que je les ignore, et l’éternel amoureux des animaux que je suis trouvera toujours en eux une source d’inspiration.

En relisant cet article, je me rends compte que je pourrais complètement revoir ma façon de me présenter. « Chris Bellabas, auteur des littératures de l’Imaginaire et blogueur littéraire », cela semble un peu terne par rapport à la réalité, non ?

« Chris Bellabas, auteur aux multiples personnalités aimant particulièrement effrayer son prochain et ayant raté une vocation de vétérinaire (ou au moins de cryptozoologue) », ça me paraît plus honnête.

Merci de m’avoir lu ツ

Et vous, qu’aimez-vous dans votre écriture ? Dites-moi tout

@ bientôt quelque part,

Chris

Dan Chao citation Chris Bellabas

Ps : l’image « Défi 30 jours d’écriture » à la une de cet article appartient à Kea Ring.

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