Le Procès Malefoy, chapitre 12 : Le Songe interrompu [fanfiction Harry Potter]

Rappel des liens des chapitres précédents

Chapitre 1 : La Déchéance des Malefoy
Chapitre 2 : Le Nouvel Ordre
Chapitre 3 : Le Besoin d’un père
Chapitre 4 : Quelques Mots de réconfort
Chapitre 5 : La Morsure des Ténèbres
Chapitre 6 : Le Procès de Drago
Chapitre 7 : L’Apogée de la Terreur
Chapitre 8 : Psychomage et thérapie ?
Chapitre 9 : Hantise et strangulation
Chapitre 10 : Les Enfants des Ténèbres
Chapitre 11 : Le Veilleur

Lucius and Drago
Lucius et Drago Malefoy (fanart). Source.

Temps de lecture estimé : 13 minutes

– Chapitre 12 –

Le Songe interrompu

🐍

Lucius regarda dans l’impuissance le Veilleur traverser la fenêtre de Drago à la manière d’un fantôme. Il hurla le nom de son fils et un hurlement lui répondit. Un cri terrifiant de douleur. Celui d’un jeune homme à l’agonie.

« DRAGO ! DRAGO ! »

Faisant fi de son souffle court et de la raideur qui tétanisait ses muscles, Lucius accéléra sa course. L’adrénaline pulsait si vite dans ses veines qu’un geyser de sang aurait pu lui sortir à la place du cœur. Le danger qu’il courait lui-même ne comptait plus. Pas plus que la douleur lancinante qui lui labourait les côtes et transformait ses poumons en lac de lave. Lucius se rua en avant, vers les portes du manoir, alors que les hurlements de Drago résonnaient au-dessus de sa tête, à peine atténués par les murs épais de l’austère bâtisse.

« NARCISSA ! NARCISSA ! OHÉ ! À L’AIDE ! »

À défaut d’alerter son épouse, il espérait attirer l’attention des Aurors qui gardaient le domaine. Mais personne ne se manifesta. Où étaient-ils tous ? Comment et à quel moment le rêve avait-il pu faire irruption dans la réalité ? À moins que ce ne soit la réalité qui ait basculé dans le songe ? Si Abraxas Malefoy était capable de l’entraîner dans les époques à travers ses souvenirs, ne pouvait-il le faire aussi avec d’autres personnes ? Se pouvait-il que son père ait happé Drago dans son rêve ?

« NARCIS… »

Une masse griffue venait de se jeter sur lui, le coupant net dans sa course à quelques mètres des portes du manoir.

Le reste des Ombres surgit des taillis et des haies qui l’entouraient et fondit sur lui comme une meute de loups sur un cerf. Elles plantèrent leurs griffes dans la chair de son dos et le lacérèrent comme si elles essayaient de creuser jusqu’à sa colonne vertébrale, se pendirent à son cou comme de hideux succubes et lui mordirent le visage.

Lucius poussa un hurlement de damné, le hurlement d’un homme dévoré vivant, et ses cris jetés à la face du croissant de lune gibbeux qui éclairait le parc se joignirent à ceux de son fils.

Drago ! Si Lucius mourrait là, il ne pourrait pas le secourir.

Dans un sursaut d’amour parental, le Mangemort rassembla toutes ses forces et toute sa volonté pour lutter. Son corps s’arc-bouta violemment en se débattant. Il parvint douloureusement à effectuer un pas en direction du manoir, puis un deuxième, mais les Ombres agrippées à lui comme de voraces sangsues refusaient de le lâcher. Elles absorbaient son corps, fusionnaient avec ses os, nattaient leur obscurité liquide à son âme.

L’océan noir de leurs ténèbres se referma sur lui et ses jambes cédèrent. Il tomba à genoux.

Un grand choc retentit et Lucius ouvrit les yeux sur le sol en pierre froide de la chambre conjugale.

« Lucius ! LUCIUS ! s’écria Narcissa d’une voix aiguë terrorisée en voyant son époux se débattre dans les draps qu’il avait tirés avec lui en tombant du lit. Mais que fais-tu encore ?

Lucius écarta brusquement les draps de lui en se redressant, les yeux fous.

– Drago est en danger ! DRAGO ! »

Il se rua hors de la chambre et connut un instant d’hésitation angoissée en émergeant dans les ténèbres opaques du couloir. L’hostilité qui en émanait le fit frissonner. Lucius sentait la présence de ses ennemies partout. Mais Drago avait besoin de lui, alors il s’élança à travers l’obscurité comme un chevalier dans l’antre d’un dragon.

« DRAGO ! »

Il avait parcouru quelques mètres en courant en direction de la chambre de son fils quand le choc survint violemment.

Il se heurta à une silhouette haute et massive tapie dans l’obscurité.

Lucius épouvanté fit un bond en arrière.

« Lumos », dit une voix.

La lumière puissante d’une baguette magique fendit les ténèbres du couloir, éclairant tous les objets dans le voisinage immédiat de Lucius, ainsi que le visage de l’être qu’il avait heurté.

Conner Williamson, le chef des Aurors qui gardaient le manoir, le dévisageaient de sa sempiternelle expression indéchiffrable. Son visage émacié dont les os saillaient comme ceux d’un vampire dénutri semblait fait d’une cire qui aurait séché avant que son sculpteur ait pu la modeler pour lui conférer les ombres et le relief de la vie. Les yeux vides et le nez pointu et tombant qui perçaient cette vilaine figure renforçaient cette impression. Chaque fois que Lucius avait à souffrir sa contemplation, il songeait que les bonhommes de neige avec leur nez-carotte étaient tout aussi bien lotis que ce type.

« Williamson ! s’écria Lucius, soulagé – ce qui parut étonner son vis-à-vis, car d’habitude Lucius était plutôt coutumier de lui jeter des regards venimeux chaque fois qu’ils se croisaient. Vite, tenez votre baguette prête et suivez-moi, Drago est en danger !

Lucius voulut le contourner pour reprendre sa course, mais l’Auror lui saisit le bras.

– Mr Malefoy, je crains de ne pas tout saisir.

– Drago est en danger ! Répéta Lucius plus fort, croyant que son interlocuteur n’avait pas entendu ses propos.

– J’ai entendu, le démentit l’Auror. Mais rien ni personne de dangereux ne peut s’introduire dans ce manoir.

Williamson eut un sourire sarcastique et ajouta :

– Excepté vous-même, bien sûr.

– Drago est en danger ! Répéta Lucius qui ne l’écoutait pas en essayant de se dégager de sa poigne.

Il ne comprenait pas pourquoi l’Auror restait planté bêtement au milieu du couloir au lieu de se porter au secours de Drago. N’entendait-il pas les cris ? Et ces rugissements d’outre-tombe ? Lucius tremblait dans son pyjama comme s’il errait dehors au plein cœur de l’hiver par les pires températures négatives jamais enregistrées au Royaume-Uni.

– Votre fils va bien, Mr Malefoy.

Lucius dévisagea Williamson, moitié furieux, moitié incrédule. La panique qu’il éprouvait liait le tout en le dotant d’une véhémence que plus personne ne lui avait vue plus depuis plusieurs semaines.

– Non ! Bien sûr que non, il ne va pas bien ! Vous ne l’entendez pas ?! Il se fait attaquer par un démon ! Il y a un démon dans le manoir !

Lucius n’avait pas envie d’entrer dans des considérations ésotériques maintenant. Même si le Veilleur n’était pas un démon proprement dit chez les sorciers, la Chose qui lui avait permis d’entrer en créant une passerelle entre ses songes et la réalité en était probablement un pour le pousser à s’en prendre à des Vivants.

– Retournez-vous coucher, dit l’Auror sans s’émouvoir.

– IL Y A UN DÉMON ! UN DÉMON, IMBÉCILE !

Williamson ne réagit pas davantage. Il dévisageait avec circonspection le Mangemort échevelé au regard écarquillé comme celui qu’un dément ouvre sur des spectres qu’il est le seul à pouvoir voir.

D’un geste plus brusque que les autres, Lucius dégagea son bras et frappa l’Auror pour l’écarter du chemin, mais celui-ci se tenait prêt. Il attrapa Lucius par la gorge et pointa sa baguette magique contre sa tempe. Son geste avait été si vif qu’il l’avait à peine vu bouger.

– Un conseil, Malefoy : ne me forcez pas à devoir vous jeter un sort. Je risquerai d’aimer ça.

Mais aucune menace ne pouvait apaiser l’épouvante et la souffrance dans son cœur de père alors que les cris de Drago devenaient de plus en plus aigus. De plus en plus désespérés. De plus en plus misérables.

– LAISSEZ-MOI VOIR MON FILS !

De légers bruits de pas s’élevèrent dans les ténèbres et Narcissa apparut timidement au bord du cercle de lumière diffusé par la baguette magique.

– Lucius, calme-toi, je t’en prie…

– NARCISSA, COURS AIDER DRAGO ! UN DÉMON EST ENTRÉ ICI ! »

Son épouse avait été le témoin de manifestations occultes aussi impressionnantes que sanglantes par le passé. Des manifestations causées par des entités toutes nettement moins puissantes qu’un démon. Si cet Auror embouché ne voulait rien entendre au drame qui se jouait entre les murs du manoir, Narcissa pouvait en prendre la mesure et agir. Néanmoins, au grand désarroi de Lucius, elle non plus ne bougea pas.

Une idée horrible traversa alors l’esprit du Mangemort. Et s’il se trouvait toujours dans son rêve ? Et si Narcissa et Williamson étaient d’autres démons dissimulés sous les traits des gens qu’ils connaissaient ?

« Vous êtes avec eux…, dit Lucius d’une voix soudainement basse en contemplant, horrifié, le visage de son épouse.

La Narcissa qu’il connaissait ne serait jamais restée inerte en entendant les hurlements de souffrance de leur fils.

– VOUS ÊTES AVEC EUX ! Hurla-t-il d’un ton accusateur en jetant à Williamson – ou ce qui lui ressemblait – un regard de bête enragée. LÂCHEZ-MOI ! DRAGO ! DRAGO ! »

Il commença à se débattre et Narcissa se rua vers lui pour aider Williamson à le tenir. Elle lui saisit le bras en répétant son prénom comme elle prononcerait l’incantation d’un sortilège pour le ramener à lui, mais Lucius continuait à rugir et à s’agiter comme un dragon qu’on empêcherait d’accéder à son nid.

L’Auror perdit patience. Il ordonna à Narcissa de s’écarter et tira à bout portant. Un éclair orange aveuglant déchira l’obscurité, illuminant complètement le couloir l’espace d’un instant, et Lucius fut projeté en arrière comme s’il avait été heurté par la masse d’un éruptif. L’étroitesse du couloir abrégea la distance qu’il parcourut dans les airs, mais sa rencontre avec le mur n’en fut pas moins douloureuse. Son dos percuta l’obstacle de plein fouet avant que ses bras, ses mains et ses jambes ne prennent à son tour lorsqu’il retomba, renversant un guéridon et son vase au passage.

Le dos en miettes et la nuque traversée des traits d’une souffrance intense et raide, Lucius resta plusieurs secondes à plat ventre au milieu des éclats de porcelaine du vase brisé sur la pierre du couloir.

Lorsqu’il eut repris ses esprits, il leva vers Williamson un regard choqué.

Celui-ci l’observait de son habituel regard vide. Un professionnel habitué à faire son boulot.

« Vous ne pouvez pas dire que je ne vous avais pas prévenu, Mr Malefoy. Je vous avais cordialement invité à vous calmer. Maintenant, vous allez retourner sagement dans votre chambre et laissez les résidents de cette bâtisse terminer leur nuit en paix.

– Mais vous ne comprenez pas, dit Lucius, la voix fendue de désespoir. Il y a un démon…

– Un démon, je ne crois pas. En revanche, je suis certain qu’il y a parmi nous un dément et qu’il se trouve devant moi, répliqua froidement l’Auror. Relevez-vous et retournez dans votre chambre. Tout de suite.

– Mais, Drago…

– Votre fils va bien. Vous êtes sujet aux angoisses nocturnes. Ce n’en est qu’une de plus.

– Je ne retournerai pas me coucher sans avoir pu voir mon fils, dit Lucius d’un ton féroce.

– Taisez-vous, Malefoy ! Lança Williamson, l’air soudain en alerte. Écoutez.

Lucius tendit l’oreille, l’estomac contracté et dur comme une pierre. Se pouvait-il enfin que Williamson entende aussi les cris de Drago ?

– Je n’entends rien, dit Lucius en dévisageant l’Auror avec un regard plein d’angoisse.

– C’est que votre fils est bien silencieux pour quelqu’un en train de se faire tailler en pièces par un monstre.

Williamson se jouait de lui. Les joues pâles et émaciées de Lucius se colorèrent du rouge de l’humiliation et de la fureur.

– Il hurlait encore avant que vous ne m’attaquiez ! S’il est mort…

Lucius se tut, si enragé que sa colère écrasait sa capacité à formuler ses idées en mots et en phrases. Mais son esprit concevait des images très nettes où il se voyait maudire Williamson et toute sa lignée sur dix générations au moins.

– Personne ne hurlait, Mr Malefoy. Mme Malefoy, avez-vous entendu quelqu’un hurler ce soir ? Hormis votre mari, bien entendu.

– Personne n’a hurlé, Lucius », confirma-t-elle en lui lançant un regard désolé, presque d’excuse.

Lucius les dévisagea comme s’ils étaient fous l’un et l’autre.

C’était impossible. Lui avait nettement entendu les cris. Avait-il été le seul à pouvoir les entendre ? Ou se pouvait-il qu’ils n’aient été que le fruit de son imagination ? Des vestiges du songe terrifiant dont s’éveillait sa cervelle terrifiée ?

Mais ses songes n’en étaient pas vraiment. Lucius pouvait donc nourrir toutes les angoisses.

Et si son fils était à présent prisonnier de son rêve pendant que lui avait regagné le monde de l’éveil ?

« Je dois voir Drago, répéta-t-il d’un air buté, un accent de supplication dans la voix.

– Papa ? Lança presque en même temps une voix familière plus loin dans l’obscurité. Tu es là ?

Lucius se figea, un instant hébété. Alors tout ça n’était donc vraiment qu’un cauchemar ? Il n’y avait donc pas de Veilleur dans le manoir ?

– Drago ! Je suis ici !

Le soulagement jaillit du cœur de Lucius lorsque la lumière de la baguette magique de Williamson révéla la silhouette mince de Drago qui avançait vers eux prudemment.

– Papa ? C’est toi qui criais ?

– Vous voyez, il va bien votre chérubin, dit l’Auror avec un sourire sarcastique qui donna à Lucius l’envie de lui faire avaler son nez de gobelin.

En se rapprochant, Drago avisa son père effondré par terre au milieu des morceaux de vase brisés. Un guéridon était renversé derrière lui.

Il se tourna furieusement vers Williamson, ses joues pâles se colorant du même rouge que celles de Lucius.

– QUE LUI AVEZ-VOUS FAIT ?

Il bouillonnait d’une telle rage que chacun acquit la certitude qu’il l’aurait attaqué s’il avait possédé une baguette.

– Tout va bien, Drago, intervint précipitamment Narcissa. Ton père a eu… Il a fait un cauchemar. Mais tout est rentré dans l’ordre.

Drago ne l’entendit pas. Ses yeux gris, réplique parfaite de ceux de son père, foudroyaient Williamson avec une telle haine que celui-ci s’estima heureux que le garçon ne soit pas un basilic.

– Vous n’avez pas le droit de vous en prendre à lui ! Asséna Drago.

– Votre père a fait une crise de démence hystérique. Je n’avais pas d’autres choix.

– Vous essayez de me faire croire qu’il n’y avait pas d’autre moyen de le calmer que de le projeter sur ce guéridon ? C’est tellement facile avec une baguette ! Vous êtes pathétique ! Vous profitez de votre position dominante pour vous en prendre à lui alors qu’il est sans défense ! »

La véhémence de Drago à le défendre toucha Lucius, mais il était si soulagé de le voir indemne que Williamson ne lui importait plus d’aucune manière. Il poussa sur ses mains pour se relever. Le mouvement lui prit plus de temps qu’il l’aurait dû pour une personne de son âge, mais ses vertèbres continuaient à l’élancer suite au choc avec le mur. Sa colonne vertébrale ne lui semblait plus qu’un long trait de douleur sur lequel circuleraient des insectes qui lui pinceraient les os tous en même temps.

Mais au Diable ses propres maux, il voulait s’assurer que Drago allait bien.

« Drago, tu n’as rien ?

Le jeune homme lança à son père un regard étonné.

– Non, bien sûr que non. Mais toi ?

– Tu es sûr ?

Lucius scrutait attentivement le visage, les mains et le reste de la personne de son fils, mais Drago semblait dire la vérité. Il ne décela aucune blessure.

– Mais oui ! Pourquoi ça n’irait pas ? Ce n’est pas moi qui viens de me faire attaquer par un crétin trop zélé.

Il décocha à Williamson un regard venimeux. L’Auror songea que c’était de famille.

– Avoir été acquitté par vos juges pour votre engagement chez les Mangemorts ne vous met pas à l’abri d’un procès pour outrage à représentants du Ministère, dit-il d’un ton sec. Vous faisiez moins le fier devant le Magenmagot à ce qu’on m’a dit. Si j’étais vous, je ferais mon possible pour éviter d’avoir à me présenter une deuxième fois devant notre Justice. Retournez tous vous coucher maintenant. Vous avez pu constater que votre fils allait bien et qu’il n’y avait aucun démon ici, Mr Malefoy. Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, vous aurez tout le temps de le chercher demain pendant la journée. »

Drago, furieux mais pas stupide, ravala les mots acides qui lui montaient à la bouche et jeta un regard vers ses parents. Ceux-ci lui firent signe que tout allait bien, et tous trois regagnèrent leurs chambres.

Tandis que Lucius et Narcissa se glissaient dans leurs draps encore tièdes, Lucius se sentait à la fois inquiet et soulagé. Soulagé que Drago aille bien, mais inquiet de la consistance de son dernier rêve. En 1977, date à laquelle s’était déroulé le rituel de création du familier de Rogue, Drago n’était pas encore né. Pourtant, Lucius avait nettement entendu son hurlement lorsqu’il avait vu le Veilleur sauter dans sa chambre, vide à l’époque. Il était alors persuadé que le monde de son rêve et la réalité présente avaient fusionné et que la créature avait pu profiter de la brèche ouverte pour gagner entièrement le plan terrestre.

Mais cela ne faisait pas sens. À sa connaissance, les Veilleurs ne parlaient pas, et ils ne s’en prenaient jamais aux vivants. Lucius frissonna malgré tout en imaginant la créature tapie dans la chambre de son fils. Il eut envie de se lever pour aller vérifier, mais s’il tombait encore sur Williamson…

Non, tout ça n’était probablement qu’une autre manipulation mentale de la part d’Abraxas ou de la créature qui en prenait la forme. Mais quelle créature ? Excepté un démon, un vrai, quel être de l’au-delà pouvait voyager dans les plans de conscience de sa propre initiative ?

Lucius réfléchit un moment sans trouver de réponse satisfaisante, jusqu’à ce que le visage de Lord Voldemort traverse sa mémoire.

Les mages noirs possédant une puissante force magique étaient capables de voyages dans l’Astral. Le Seigneur des Ténèbres l’avait d’ailleurs prouvé plusieurs fois. Si quelqu’un était capable de parcourir le territoire des Morts de son vivant, qu’est-ce qui l’empêcherait de visiter les Vivants après sa mort ?

Lucius se mordit les lèvres pour étouffer le gémissement de détresse qui écorchait sa gorge. Ses doigts se crispèrent sur les draps du lit.

Lord Voldemort n’allait tout de même pas continuer à le tourmenter même après sa mort !

Il sentait que Narcissa ne dormait pas non plus, étendue à ses côtés. Son silence le soulageait autant qu’il l’inquiétait. Le fait qu’elle ne lui demande pas d’explications ne pouvait signifier qu’une chose : le mur entre eux s’épaississait. Il se rappela de Jack qui lui avait recommandé de parler davantage à sa femme et son fils et il hésita à s’ouvrir à elle de l’idée horrifiante qui venait de germer en lui. Mais qu’en penserait-elle si elle doutait déjà de sa santé mentale ?

En y réfléchissant, toutes les pièces s’emboîtaient. De l’obsession de son père pour les glorieux souvenirs de l’ère de Voldemort aux manifestations occultes qui accompagnaient ses apparitions. Les Ombres pourraient être les âmes de ses camarades morts venues lui faire regretter sa désertion… Ou peut-être de ceux ayant subi le Baiser du Détraqueur ? Lucius ignorait toujours la destination des âmes des condamnés.

Il se demanda si lui aussi était destiné à devenir une ombre. Mieux valait alors espérer que les Détraqueurs détruisaient les âmes qu’ils absorbaient.

Il lutta contre le sommeil. Se rendormir, c’était risquer de retrouver les Ombres… Peut-être exactement là où il les avait laissées.

Lorsqu’il ouvrit les yeux dans le monde de ses songes, il comprit qu’il avait perdu la bataille. Il se tenait exactement à l’endroit où il se trouvait avant sa chute sur le sol de la chambre, non loin des portes du manoir. Mais les Ombres n’étaient pas là.

Une seule silhouette lui faisait face. Mais ce n’était pas celle de Lord Voldemort.

Abraxas Malefoy lui adressa un rictus effrayant.

« Malgré ce qui vient de se passer, tu sembles toujours douter que je puisse t’atteindre dans ton monde, Lucius… Mais c’était mon dernier avertissement. Cela m’ennuierait de devoir détruire mon petit-fils, mais à partir de maintenant, si tu ne fais pas exactement tout ce que je te dis, Drago en paiera le prix… Ton procès débutera dans quinze jours. Voilà ce que j’attends de toi… »

Abraxas Malefoy
Portrait d’Abraxas Malefoy. Source.

TADA ! Pour une fois, je vous ai dégainé un nouveau chapitre plus vite que mon ombre 😉 mais il faut dire que je suis en congés aussi, ça aide. Hélas, comme toute bonne chose, les vacances ont aussi une fin et je ne pense pas avoir le temps de produire un nouveau chapitre du Procès Malefoy avant la fin des miennes. Je dois aussi avancer mon roman de fantaisie urbaine avec des vampyres. C’est un projet qui me tient à cœur et il me tarde, comme à un certain nombre de lecteurs•trices qui ont pu découvrir son prologue, de voir arriver la fin de sa réécriture.

Soyez cependant sans crainte, chers et chères Potterheads, je ne laisserai pas en plan cette fanfiction. J’aime finir les choses quand je les ai commencées. Et puis je vais aussi ouvrir une chaîne YouTube à la rentrée : nous pourrons discuter de la suite du Procès Malefoy là-bas en s’organisant une petite session live si vous le souhaitez 😉 Je proposerai des dates sur Facebook et Twitter.

En tout cas, je vous remercie une fois de plus toutes et tous pour votre soutien. Vous n’imaginez pas à quel point les gentils mots que vous me laissez dans les commentaires ou par mail me font du bien.

Même si nous, les écrivain•e•s 2.0, sommes sur les réseaux sociaux et partageons en direct notre quotidien avec nos lecteurs•trices, l’écriture reste un acte essentiellement solitaire, parfois douloureux. Non à cause de la solitude dans mon cas, car la compagnie de mes personnages me plaît autant (voire plus) que celle des êtres de chair et de sang, mais davantage parce que je suis une personne qui doute. Beaucoup. De tout. (Heureusement il y a des personnes qui nous aiment, nous les gens qui doutons toujours de tout, comme l’extraordinaire Anne Sylvestre).

J’écris parce que j’en ai besoin. Parce que tous les personnages qui vivent dans ma cervelle et dont les cœurs battent à l’unisson du mien ont besoin d’une tribune où mener leurs combats, d’un espace où vivre leurs aventures. La plupart du temps, je ne pense à rien d’autre qu’à eux lorsque j’écris et je les laisse me porter. Je ne suis que leur biographe, rien d’autre ne compte que de coucher leurs vies sur ma page, peu importe la qualité de mon style, les fautes ou les actes moralement répréhensibles que cela peut me conduire à décrire (n’est-ce pas, Lucius ?)… Mais parce que je reste une personne humaine malgré ma fréquentation assidue des vampyres, des dragons et des zombies, il arrive souvent que le doute m’assaille. Que je songe que je ne suis pas un bon écrivain, que tout ce que je produis est sans intérêt et que je n’aurais jamais le niveau que j’espère dans cet art qui constitue pourtant l’une de mes raisons de vivre pour peu ou prou les mêmes raisons que celles exposées dans cet autre texte d’Anne Sylvestre. (Vous n’imaginez pas alors mon level d’angoisse existentielle).

Dans ces moments là, il est toujours agréable d’avoir à sa disposition une réserve de positivité dans laquelle puiser pour reprendre courage.

Alors merci à toi, Potterhead convaincue qui en t’égarant un jour par hasard sur les pages de ce site, a commencé par dévorer les aventures de Lucius avant de t’intéresser de près à Ricardo, Ned, Dylan et aux autres.

Merci à toi, mon ancienne étudiante du temps où j’enseignais la communication en BTS, pour l’enthousiasme transportant que tu témoignes pour mon univers et ses personnages depuis que tu as goûté ma plume.

Merci à toi, belle personne que j’ai croisée il y a longtemps sur les terres de Jean Bart, qui m’a écrit pour me remercier pour ce blog et me confier que mes mots t’ont motivée pour reprendre l’écriture. Je te souhaite beaucoup de plaisir dans la découverte de ton monde intérieur.

Merci à toi, artiste chanteuse à la voix de naïade qui, appréciant la sensibilité de ma plume et ayant remarqué mon amour pour la musique, m’a donné à écouter en exclusivité les morceaux de ton nouvel album. Je ferai bientôt profiter les lecteurs•trices de ce blog de ton talent à travers un article découverte.

Merci à toi, jeune lycéenne qui m’a écrit au début du confinement pour me faire savoir à quel point tu aimais mes histoires et pour me demander de continuer à écrire. C’est la plus belle chose que l’on puisse me demander, le plus beau compliment que l’on puisse me faire.

Merci à toi, âme vagabonde qui comprend mieux que personne le lien étroit qui m’unit à mes personnages, pour ton soutien chaleureux et nos longs échanges passionnants sur l’écriture, les dinosaures et l’ésotérisme.

Je ne peux pas citer tout le monde, mais le cœur y est. Lorsque je doute de moi, vos mots viennent au secours des miens et me rendent foi en mes capacités à offrir un peu de rêve à d’autres personnes. Une petite bulle de félicité et de fantaisie dans la banalité de nos quotidiens.

Finalement, je me comporte un peu comme Abraxas Malefoy… J’entraîne les gens à travers rêves et cauchemars à la rencontre d’êtres fantastiques, tour à tour merveilleux ou inquiétants. J’espère néanmoins que les voyages que je vous offre vous sont plus plaisants que ceux qu’Abraxas inflige à Lucius !

Prenez soin de vous et @ bientôt quelque part,

Chris

6 commentaires sur “Le Procès Malefoy, chapitre 12 : Le Songe interrompu [fanfiction Harry Potter]

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    1. Merci pour votre lecture et votre enthousiasme ! Hélas mon travail salarié ne me laisse guère de temps pour écrire et je n’ai pas encore pu rédiger la suite de la fanfiction, mais je tâcherai de publier le chapitre 13 avant la fin d’année 😉

      avec mes plus plates excuses pour les délais entre chaque chapitre,

      passez une très belle soirée,

      Chris

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  1. Tu as tellement bien rendu l’épouvante dans laquelle doit se trouver un parent lorsqu’il se voit impuissant à secourir son enfant! Et j’adore cette plongée toujours plus profonde dans le doute qui s’installe à l’intérieur de Lucius, qui arrive de moins en moins à faire la part des choses entre réalité et rêve. Tu prends vraiment bien en compte l’état d’un insomniaque (parce que concrètement ses phases d’endormissement ne sont pas du repos): difficulté à réfléchir, fatigue physique, frontière floue entre être éveillé dans le noir de la nuit et rêver les yeux ouverts.
    J’adore aussi l’ironie (voulue?) du propos de Drago: « vous profitez d’avoir une baguette pour vous en prendre à des gens sans défense » (et les Mangemorts, ils faisaient quoi? Welcome du côté des moldus!)
    Un bémol néanmoins (parce que ça va bien 5mn de t’encenser): cela fait des nuits et des nuits que les réveils de Narcissa consistent à être tirée de son sommeil par des hurlements de son mari. Je la trouve très égale. Peut-être trop égale. Les premiers temps je conçois que la crainte ait été son premier réflexe, mais au fil du temps je pense qu’elle a intériorisé qu’il ne s’agit que de cauchemars dus à la situation stressante dans laquelle se trouve son mari (je rappelle que son mari ne lui donne pas plus de détails que ça). Son inquiétude ne va pas au-delà de faire appel à une psychomage. D’une nuit à l’autre, selon son propre degré de fatigue et ses propres vicissitudes (elle a quand-même vécu le stress du jugement de son fils puis le sien), j’aurais imaginé que ses réactions varient plus (peur parfois, lors des convulsions par exemple, mais aussi exaspération -encore un cauchemar!- voire brutalité -Lucius ça suffit, ce n’est qu’un cauchemar!-). L’image de bonne petite épouse toujours présente, à s’inquiéter pour son mari, ne prend pas suffisamment en compte (à mon humble avis) le fait qu’elle est un être humain avec un comportement pas toujours homogène.

    Quant au doute de l’écrivain… Je crois t’avoir déjà assez fait part de mon opinion sur tes écrits (et une opinion étayée par la comparaison avec moult livres lus et avec moult auteurs corrigés) pour te suggérer ceci: colle un post-it sur ton ordi avec écrit « DétraqueuZ » dessus et à chaque moment de doute, regarde-le, pense à tous les compliments que je te fais et au si peu de rouge qui ponctue tes textes après ma révision…et remets-toi à écrire avec le sourire. Ta place est clairement derrière un clavier, une feuille vierge sous les yeux et un million de personnages qui se bousculent au portillon de ton imagination!

    Aimé par 1 personne

    1. Avec un léger délai de latence (ahem, mais normalement maintenant je suis à jour des commentaires sur TOUS les articles 😎), je te remercie chaleureusement pour ce long commentaire détaillé qui m’a fait (et me fait toujours après relecture) très plaisir.

      L’ironie était bien voulue de ma part (mais pas de celle de Drago qui n’a pas encore tout à fait saisi que lui & ses petits camarades ne faisaient pas mieux il n’y a pas si longtemps que ça xD).

      Pour Narcissa tu as parfaitement raison, en écrivant ce chapitre je me suis fait la même réflexion et cela ne m’étonne pas que tu la fasses à ton tour. Elle reste en effet trop « lisse » dans ses réactions apparentes pour l’instant alors que comme tu le soulignes, à l’intérieur elle est bouffée par la fatigue, par l’angoisse, et le tout donne un cocktail explosif. J’ai donc prévu de lui faire durcir le ton dès le prochain chapitre et elle va faire à Lucius ce qu’il qualifierait de coup de sang de bourbe xD

      Un grand merci en tout cas pour oser me faire part de ton impression ! C’est comme ça que je progresse en tant qu’auteur 😊 tes retours me sont toujours très précieux ! Alors merci encore pour ta fidélité à cette histoire, pour ta fidélité tout court et ton soutien éclairé et éclairant ! Tu possèdes un don indéniable pour saisir les forces et les faiblesses d’un texte, dégager des pistes d’amélioration intéressantes et motiver ma plume !

      Je collerais le post-it sur mon PC avec plaisir, mais seulement si tu me promets avant qu’il ne s’agit pas d’une technique fourbe de détraqueuz pour me voler mon âme par écran interposé 🧐🤣

      @ bientôt quelque part,

      Chris

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  2. Ce chapitre est d’une telle intensité ; il m’a tenu en haleine jusqu’au bout. Plus encore, il m’a fait ressentir toute la peur, la frustration, la colère, le sentiment d’impuissance -c’était ça d’ailleurs le plus terrible- qu’a éprouvé Lucius. Oh puis Williamson… comment dire ? Ce que j’ai eu envie de le secouer, celui-ci !
    Puis Narcissa, la pauvre, d’abord prise de court tandis qu’elle était tirée du sommeil par les agitations de son mari, elle semblait ensuite toute désemparée face à la crise qu’il essuyait. Après, je trouve ça dommage que l’accent n’a pas été davantage mis sur les émotions que son regard, ses expressions faciales pouvaient laisser transparaitre. Autant de manifestations que Lucius aurait pu interpréter de façon erronée en vue de sa crise… Mais ! Ça risquait d’altérer la dynamique du chapitre. Donc, ce regret n’est que minime. Puis, avouons aussi que je chipote un peu, là !!
    Quant à Drago ; ah !! Tel père, tel fils, j’ai envie de dire ! Et là encore, je ne le trouve pas excessif dans sa façon d’être ; il est lui, sans artifice, sans chichi. Juste lui et c’est bon de le voir ainsi -c’est l’un de mes personnages préférés, dans la saga-. Autre point ; dans ton récit, l’amour qui lie Lucius et Drago est à la fois pudique et inébranlable -enfin c’est ainsi que je le ressens-… et je trouve ça vraiment très beau et à mille lieux de ce qu’ils peuvent montrer en public.
    En somme, c’était vraiment un excellent chapitre.

    Merci à toi de nous ouvrir les portes de ton univers et de nous faire rire, trembler, pleurer parfois, en bref, vivre, au rythme de tes récits. Et, les fois où il t’arrive de douter, n’oublies pas deux choses ;
    – Les personnages ne doutent jamais de toi
    – Tu es un faiseur de rêves, Chris, et tu permets l’évasion de tes lecteurs … et ça, c’est la plus belle chose au monde

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    1. Ahah, Lucius étant dans l’incapacité de le faire lui-même, il serait ravi de te voir secouer Williamson pour lui (et si tu pouvais lui mettre une ou deux claques en plus au passage, tu deviendrais son nouveau meilleur ami 😀 ). Narcissa t’en serait gréée aussi, tout au fond d’elle-même…

      Concernant ton regret sur le manque d’expressions faciales, tu parles bien de celles de Narcissa ? En fait, Narcissa essaye de rester le plus neutre possible devant Williamson, mais j’aurais dû le mentionner directement quelque part dans le texte ou me débrouiller pour le faire comprendre, car en effet, maintenant que tu le dis, je trouve que le récit aurait gagné à ce que je développe un peu plus cet aspect. Et je t’interdis de dire que tu chipotes (oui, je suis un tantinet autoritaire parfois :D). Tes retours sont toujours très précieux pour moi, tu repères et soulèves avec finesse des points vraiment intéressants. Aurais-tu déjà une expérience de Bêta-Lecteur ou c’est un don inné chez toi ? Je suis chaque fois impressionné par ton sens de l’observation. Tu m’offres de vrais et beaux retours d’un lecteur qui découvre un récit avec ses yeux innocents, et si tu ressens un manque quelque part, c’est qu’il y en a un (que d’autres ressentiront sans doute aussi en lisant à leur tour). Donc un grand MERCI pour tes retours toujours sincères et enthousiastes, mais non dépourvus d’objectivité !

      Je ne reprends pas les chapitres une fois postés sur le blog, sinon je n’en finirais jamais, mais quand le premier jet du Procès Malefoy sera terminé, je le corrigerai entièrement en prenant en compte les diverses pistes d’amélioration suscitées.

      Je suis heureux que ce que je fais du personnage de Drago te plaise pour l’instant. J’aime également beaucoup ce personnage, mais il est si apprécié par les fans qu’il n’est pas toujours évident à animer ! Et tu as bien cerné sa relation avec Lucius. Je la développerai encore dans les futurs chapitres en développant également celle du jeune Lucius avec son père 😉

      Merci pour ta lecture et ton intérêt sans arrêt renouvelé pour mon travail.

      Quant à la conclusion de ton commentaire… Il se peut qu’elle ait suscité chez moi un peu d’émotion liquide. En effet, les Personnages ne doutent jamais, eux, même si je les frustre parfois beaucoup avec ma lenteur d’écriture et mes doutes constants (il y en a bien deux ou trois qui meurent d’envie de me secouer comme tu rêves de secouer Williamson). Merci de me le rappeler.

      Quant à être un « faiseur de rêves »… À vrai dire, cela fait longtemps qu’il s’agit de mon choix de carrière 😉 alors… merci ♥ Les retours comme les tiens m’aident à persévérer dans cette voie.

      @ bientôt quelque part,

      Chris

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